Il y a trois ans, c’était le label Kütu Folk qui investissait le MARQ à Clermont-Ferrand pour une Carte Blanche en guise d’aperçu de l’album de Leopold Skin, sorti quelques mois plus tard. Le label a aujourd’hui perdu l’essentiel de sa substance, mais on a pu retrouver ce dimanche dans ce même musée une bonne partie des musiciens présents trois ans plus tôt.
À l’invitation des relais FAC de la Coopérative de Mai, Joseph Elm (la réincarnation de Leopold Skin, en somme) est ainsi venu présenter ses amis et ses nouvelles chansons au public clermontois, venu en nombre. Pour l’occasion, un piano à queue a été installé dans la grande salle du musée, au milieu des créations de François-Régis Croisier et de Marie Clérel ainsi que de jolies petites lampes renforçant l’intimité du moment.
C’est à S.R.Félix que revient la tâche d’ouvrir cette après-midi de concerts, qui s’enchaîneront d’ailleurs merveilleusement bien. Il s’installe seul, accroupi avec sa guitare, son archer, un mini piano, une flûte et son ordinateur puis la magie opère instantanément. Tout le monde, assis ou allongé, se tait et écoute attentivement les morceaux, construits à base de boucles de sons simples mais incroyablement harmonieux, presque évidents. Le garçon n’est pas très bavard, voire carrément timide, on l’entendra tout juste pousser des cris distants dans le dernier morceau. Mais qu’importe, le public adhère et l’atmosphère et le cadre étaient parfaits pour ce genre de concert.
On se dirige ensuite vers la pièce adjacente où les deux guitares de Joseph Elm et François-Régis Croisier/St Augustine et le banjo de Zak accompagnent les films de Marie Clerel, présentés dans l’alcôve attenante. Nous aurons même droit à une version chantée à la fin de la projection, avant de retourner dans la grande salle où les premiers sons du piano d’Aurélia Ravaud résonnent déjà.
Elle est accompagnée d’Edwige Mazel au violoncelle pour jouer une pièce d’Arvo Pärt dans un premier temps, puis d’une création originale composée par Aurélia et arrangée par Edwige, au résultat extrêmement convainquant. Entrecoupées par la lecture d’une poésie de Donald Dunbar, les deux musiciennes mériteraient de se produire plus souvent en concert, jugez-en par vous-même avec cette vidéo.
Vient enfin le tour de Joseph Elm, qu’on retrouve au chant et à la guitare, François/St. Augustine à la guitare, Grégoire Lafarge à la basse et Zak à la batterie. Si vous avez écouté les morceaux présents sur le bandcamp du projet, ce qu’ils ont joué ce dimanche n’avait pas grand chose à voir : pas d’ambient ici, mais du chant sur toutes les chansons, qui sont très électriques. Leopold Skin avait commencé complètement folk, le deuxième album était plus pop, plus orchestré, mais un nouveau pas a été franchi avec la renaissance sous le nom de Joseph Elm, on passe de balades folk à des morceaux beaucoup plus rock, voire noise par moment, avec dissonances et distorsions et un passage complètement jazzy à la clarinette.

En résumé, Joseph Elm a beaucoup de talent et des amis qui ont beaucoup de talent aussi. Il dit vouloir prendre du temps pour sortir son album et ne pas vouloir faire trop de concerts, mais on espère quand même qu’on aura des nouvelles de Joseph Elm rapidement ! Bravo à eux et à l’organisation de cette superbe après-midi, aussi bien pour le cadre que pour les concerts, à recommencer très vite !
À voir :
- Joseph Elm : bandcamp, tumblr, vidéo (d’assez mauvaise qualité) de Providence au MARQ
