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Joyaux islandais

Décidément, les pays nordiques n’en finissent plus de nous fournir en musique de qualité. On a déjà largement évoqué notre amour pour la Suède, son indie-pop, son shoegaze, ses folkeux, on est allé faire un petit tour à Oslo et on va aujourd’hui se pencher sur le cas de l’Islande.

KM05 – Icelandic jewels by Le Kiwi on Mixcloud

De l’Islande, on connait ses vertes prairies l’été, ses vastes étendues enneigées l’hiver, son Blue Lagoon, Sigur Rós, Björk ou son merveilleux festival Iceland Airwaves, mais depuis 10 ans, la scène locale a explosé, vous avez peut-être entendu parler de múmhjaltalín, Seabear ou Ólafur Arnalds, mais concentrons-nous sur les nouveautés de cette année.

C’est le tout jeune groupe Pascal Pinon qui m’a motivé pour écrire cet article. Groupe formé autour de deux jeunes soeurs et pas vieux folkeux solitaire comme leur nom pourrait le faire penser. Si vous avez écouté le premier morceau de la playlist, Þerney (One Thing), vous comprendrez instantanément pourquoi elles retiennent l’attention : un chant doux, cristallin, des mélodies simples à la Au Revoir Simone et des percussions en arrière-plan, qui renforcent l’aspect de légèreté de la chanson. Tout l’album n’est pas à la hauteur de cette petite pépite, mais il mérite largement quelques écoutes.

La transition avec le groupe suivant et toute trouvée car les deux jeunes soeurs accompagneront Sin Fang dans sa tournée européenne en mai-juin (une seule date en France, à Paris, au Café de la Danse le 28 mai). Échappé de Seabear dont il était déjà l’artisan principal, Sindri Már Sigfússon est l’auteur d’un des meilleurs albums de ce début d’année, Flowers, produit par Alex Somers (par ailleurs compagnon de Jonsi et producteur de Sigur Rós). J’ai été un peu pris par surprise par cet album, après un single (Young Boys) qui ne m’avait pas forcément enchanté lors de sa sortie mais que j’aime désormais autant que les autres chansons de l’album. On retrouve la voix si particulière de Sindri, un peu nasillarde, renforçant le caractère lo-fi de sa musique, malgré l’instrumentation très riche et la production soignée. Regardez-donc aussi ce clip de Look At The Light, réalisé par le frère du chanteur.

Et comme si le monde n’était pas assez petit en Islande, je triche un peu pour vous parler de Cheek Mountain Thief, projet solo de l’Anglais Mike Lindsay du groupe Tunng, parti écrire et enregistrer son album en Islande. Il y a ainsi recruté ses musiciens et le producteur de son disque, qui n’est autre que Sindri de Sin Fang, qui chante d’ailleurs sur la chanson Spirit Fight. Le résultat est une collection de chansons, un peu plus sobres et moins électriques que celles de Sin Fang, mais au moins aussi riches en instruments, avec trompette, violon en plus des instruments traditionnels. Ils seront ce vendredi 15 mars à l’Espace B !

Pour compléter la mixtape, on poursuit avec un extrait du nouvel album d’Ólöf Arnalds, la cousine d’Ólafur Arnalds, et pour conclure, un vieux morceau de Seabear, qu’on aimerait tout de même bien voir revenir.

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Tashaki Miyaki

Ca se saurait depuis un bon moment si Le Kiwi était une site de nouveautés musicales. Sauf que (pas franchement par snobisme, mais plus par grosse flemme), je fais partie de ceux qui préfèrent prendre leur temps sur un album, quitte à tomber dessus un an après sa sortie, parce que ça colle pile poil à l’humeur du moment. Du coup, cette attitude de gros branleur  me fait parfois me cogner la tête violemment contre les murs, parce que je (re)découvre des merveilles que j’aurais pu écouter des mois supplémentaires – en plus de cette sensation d’être complètement à la traîne, HASHTAG LANGOISSE.

Bref, me cogner la tête contre les murs tellement c’est beau c’est la première chose qui m’est venue à l’esprit en tombant sur l’EP de Tashaki Miyaki, une belle brochette de californiens (ouais, je sais, encore, mais c’est pas ma faute si l’Angleterre est pas foutue de produire un bon groupe en ce moment) qui se situent quelque part entre la douceur de Mazzy Star et des guitares de The Jesus & Mary Chain. Une fois posées les bases de références aussi classes on se laisse facilement séduire par cette voix féminine un peu traînante, mais surtout enveloppante. Vous pouvez dire shoegaze ou dream pop, et la boucle sera bouclée. Note bien que tout ce qu’ils ont mis sur leur bandcamp est extrêmement recommandable, à commencer par toutes les reprises qu’ils ont pu faire.

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The Bilinda Butchers

Avec un nom pareil — gros clin d’oeil à la chanteuse / guitariste de My Bloody Valentine pour ceux qui ne suivraient pas — The Bilinda Butchers aurait pu être un groupe évoluant dans cette veine shoegaze anglaise chère à Creation Records.

Alors que, malins comme ils sont, The Bilinda Butchers viennent de San Francisco (CA), et que leur musique est plutôt de la pop rêveuse, tour à tour brumeuse et ensoleillée, le tout à l’aide de couches de synthés dans une ambiance chill. On est donc assez loin de Loveless, les Californiens disséminant sur le ouèb des singles ravageurs, sexy et impeccablement exécutés comme Hai Bby ou Half Open, même si cette influence se fait plus évidente sur des morceaux comme Careless Teens.Puis cette vidéo de Hai Bby donne quand même foutrement envie de muscler ses fesses en faisant du patin à roulettes.

 

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