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Life In The Bay

Partie 1 : La coolitude américaine incongrue de la côte ouest destroy et des California GIRLS masculines.

Partie 2 : L’AMOUR EN CAPS LOCK

 

Partie 3 : From Mergaze to Shoegaze

En fait, j’ai surtout l’impression d’être coincée dans ce putain de brouillard san franciscain depuis trop longtemps et que le soleil n’arrive pas à la balayer et éclairer ma tronche d’une dose de positivisme. Et pourtant Dieu sait qu’il m’obsède ce fameux soleil. À 16 ans je rêvais déjà d’aller me pinter un peu avec la crème de là-bas et de boire tellement que j’en aurais oublié ma peau qui crame. Sauf que depuis, les ambitions sont un peu remontées au nord, et au lieu de la folie de Los Angeles, je préfère sauter du Golden Gate Bridge.

Si t’as un peu pigé le tableau, tu auras compris que la Californie a fait un trou comme ça dans mon coeur, sans que je sache vraiment pourquoi, parce que le soleil, j’aime pas ça et que j’aime pas franchement aller à la plage et que c’est un peu les deux trucs qui branchent les gens sur la côte ouest. Alors tu vois, j’me sens tellement bien vis-à-vis de cet endroit, que, la tête dans les genoux, je me sens obligée de regarder des films ultra-nul, et surtout ultra-chiants juste pour voir l’océan, ces fameuses maisons victoriennes, et surtout des buildings en forme de couteau. J’veux dire, j’ai quand même re-regardé Somewhere, juste pour voir le mec marcher tout seul dans les collines.

Par contre, j’aime bien les gens déséquilibrés dans leur tête, mais suffisamment gentils pour que j’ai encore envie de leur faire des câlins parce qu’il y en aura jamais assez. Rencontrer des gens qui promènent des chiens, mais seul, et surtout sans chien, j’peux bien le faire là où je suis mais je te jure que d’ici ça n’a pas du tout le même gout.

Alors je vous ai concocté une ultime playlist des groupes les plus cools de l’endroit le plus cool de la planète la plus cool de tout ce putain d’univers. Une forte odeur d’un bitume tellement chaud qu’il colle limite aux baskets et qui se mêle à celle des remontées marines du Pacifique. Parce que ça doit changer de fêter noël sans être obligé de mettre 2 paires de gants et encore sentir le vent te glacer les doigts.

Dream Diary – Something Tells Her

Craft Spells – The Fog Rose High

Dominant Legs – Young At Love And Life

Papercuts – Do What You Will

Sun Airway – Oh, Naoko

Moon Duo – Mazes

Waters – For The One

Weekend – End Times

Tamaryn – Love Fade

Moonbeams – Oh Anna

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L’AMOUR EN CAPS LOCK

Partie 2: La rencontre au sommet de parcours étroitement liés, HOLY SHIT

Rassembler des informations sur Matt Fishbeck pour les besoins de cet article – aussi parce que je suis d’une curiosité presque indécente – s’est au final plus apparenté à du stalking actif tant peu d’articles ont paru sur cet homme, pourtant – et je l’affirme d’entrée de jeu – un des meilleurs songwriter actuels. Bim. Peut-être, parce que le nom de son groupe, n’est pas franchement facile à googler. Une des caractéristiques qu’il partage donc avec les chouchous de Girls (précision googlesque que l’on a d’ailleurs tendance à retrouver dans chaque papier écrit sur le groupe dernièrement), donc.

Quand t’es née dans les années 90, et que tu vois toutes les scènes musicales que les décennies précédentes ont portées, t’as parfois tendance à partir dans le délire profondément adolescent du « c’était mieux avant », « j’aurais préféré vivre ça plutôt que d’être ici maintenant à écouter de la musique du passé, faite par des fantômes déjà morts d’une overdose ». Je dois l’avouer, voir tout ce qui se passait dans les années Factory, ça me rendait un peu malade de jalousie. Bon t’apprends à vivre avec ça après, mais tu peux pas t’empêcher de te dire que ça serait chouette d’avoir un mouvement similaire avec des gens un peu près de ta génération, qui refoute un coup de pied au cul à la pop planplan actuelle.

C’est désormais une certitude, cette scène, d’une parfaite osmose, qui conjugue fétichisme des années passées – surtout 80 – et décalage moderne, je la trouve du côté de la Californie. Comme démontré avec Girls précédemment, HOLY SHIT, va au delà du consensuel pour imposer sa pop exigeante, pointue, et pourtant, assez paradoxalement, extrêmement accessible. Car toute cette musique reste de la POP. Capable d’être appréciée de tout un chacun, notamment par la capacité que Matt Fishbeck, Ariel Pink, Christopher Owens et consorts ont de fabriquer des mélodies qui vont pile se poser sur ton coeur, et le caresser. Sans t’abrutir.

Maintenant que vous avez cerné ma légère obsession empreinte d’amour pour la personne de Christopher Owens, il est grand temps de vous avouer celle, tout aussi profonde que j’ai pour Matt Fishbeck et Ariel Pink. Toujours dans le registre gros crackeux californien, certes. Mais à mes yeux, Matt Fishbeck va plus loin encore dans son exigence envers la musique pop que les deux lurons de Girls. Plus radical, fonçant autant dans le mur sans regarder s’il roule à la bonne vitesse, que ses illustres camarades. Des beautiful losers. Comme il fallait s’y attendre. Lost Angeles.

Il paraît, pour des raisons dépassant l’entendement naturel d’un homme doué de raison, que fut un moment, où la musique d’Holy Shit était considérée comme expérimentale. Il semblerait donc que tout bidouillage et maltraitage sensible de structures classiques de chansons ne constituent pas de la pop dans toutes ses lettres de raison. Forcément, avec ce genre d’a priori débile, comment ne pas penser un disque comme Stranded At Two Harbors comme totalement inaccessible. Peut être parce que, contrairement à ce que mon esprit borné s’est persuadé à penser Holy Shit est un groupe disons, assez confidentiel – souvent confondu avec d’autres Holy machinchouettes d’ailleurs.

Matt Fishbeck n’est pas qu’un illuminé qui passe sa vie en Caps lock à écrire des messages tout aussi étranges. Et si on peut dire qu’Holy Shit est le projet que porte Matt Fishbeck (ex- The Push Kings) dans ses bras, Ariel Pink – autre illuminati de Los Angeles, comme par hasard – a un rôle à jouer.  Blablabla Matt Fishbeck se fait virer de son ancien groupe, blablabla Matt Fishbeck rencontre Ariel Pink, badaboum ils forment un groupe, et tadam ça s’appelle Holy Shit. Ariel Pink a un groupe qui commence à marcher et repart, Christopher Owens fait coucou au tambourin que veut lui faire jouer Matt, va jouer de la guitare et va s’en aller pour s’impliquer dans Girls. Dans le genre relations incestueuses, sur un point de vue musical j’entends, la diagonale Los Angeles / San Francisco est aussi impressionnante qu’à Clermont-Ferrand – mais c’est super cool, don’t get me wrong. Matt Fishbeck se plait en effet à dire – et c’est une théorie plus que séduisante – que toute la scène underground de Los Angeles a à un moment donné joué au sein d’Holy Shit.

Aussi paradoxalement que ça puisse paraître, tout en étant forcément un peu nostalgique – un brin accentuée sur les années 80 la nostalgie -avec des sons parfois super kitsch, Matt Fishbeck fait une musique hyper moderne, et en avance sur son temps. Rétro-futuriste. Un garçon qui fait partie de ces visionnaires cramés qui laisseront toujours les gens pantois devant tant d’audace. Ça part dans tous les sens, les 3/4 du temps je comprends pas ce qui m’arrive mais ça finit presque toujours avec la mélodie coincée dans la tête pour le reste de la journée – c’est fou ce que ça peut s’accrocher des mélodies au final. Troublante beauté saisie par un esprit maboule et poétique. Toucher d’une oreille Stranded At Two Harbors et tomber en amour.

Pour mieux comprendre le personnage, au final, sans avoir à vous farcir les explications d’un faux cheval carrément paumé face à un tel morceau, rien de tel que la mixtape qu’il avait concoctée pour VICE sur laquelle on retrouve même une reprise absolument démente des Marine Girls. De quoi patienter jusqu’à la sortie d’Omen Games. En prime le très classe Know Phase a déjà très bien illustré l’esprit du groupe.

Ça dit, je n’ai plus qu’à laisser le garçon s’exprimer. De toute manière même quand il joue de l’omnichord sur des toilettes « c’est génial ». Ça devient presque aussi pitoyable qu’avec Christopher à ce point. Le dossier photo mastoc sur les cheveux en moins.

À venir: Partie 3: SURPRISE.

 

PS: Sinon, cet article a été écrit avec comme bande son unique Slit de Garciaphone, à fond dans le casque, le doigt complètement marteau face au bouton « replay ». Et si j’veux quand même trouver un rapport avec le reste de l’article, en tirant « lééééégèrement » par les cheveux, j’dirais que cette chanson ne peut appeler qu’à un cri de révélation tel que « HOLY SHIT ». Mais ça serait dommage d’être vulgaire devant tant de beauté.

 

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Would it be much better if i knew nothing about you

Therapies SonTouching Down

En fait je me disais bien que j’avais déjà écouté cette chanson et puis oui, elle figurait sur l’une des Weekly Magic Tape de Magic. Ils sont vraiment trop forts.

Art MuseumPhone Calls, Preayers or The Weather

La meilleure chanson pour choper une insolation les pieds dans l’eau et halluciner sous les palmiers.

Holy Shit – Written All Over Your Face

N’oubliez pas avant que je revienne dessus – très bientôt -, « Holy Shit makes The Beatles look like Sum 41 ».

Girls – Solitude

Je ne répèterais pas plus encore tout l’amour que j’ai pour Christopher Owens, ça va finir par en être gênant, mais voilà, les faits sont là, les chansons de Girls sont terribles.

Milo Greene 1957

Des fois, certaines chansons peuvent être carrément hypnotiques. Je crois que celle-ci l’a été avec moi. Absolument terrible la manière neuneu dont tu te sens obligé d’appuyer sur le bouton replay.

The Ross Sea PartyBroken Arrows

«The Ross Sea Party is a typically Los Angeles family. Five friends who wanted to transcend the disconnected and nonsensical nature of life in the city and create something consequential. » Je n’aurais su mieux dire. (EP disponible gratuitement)

The Smiles Swimming

L’été, je ne demande rien d’autre que des vêtements légers, des grasses matinées, des mojitos et des groupes de pop sur lesquels je peux tapoter du pied et que je peux oublier à la rentrée. Comme un amour de saison. (EP disponible gratuitement)

NeighborsWatergun

Je sais je triche. Ils sont ni de la Californie ni d’aucun État de la côte ouest, mais je suis tombée sur leur EP pendant que je fouinais pour les besoins de cette playlist et il fallait que j’en parle quelque part. Considère ça comme un bonus. (EP disponible gratuitement)

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