J’avais raté The Magnetic North en mars dernier, quand ils avaient fait la première partie d’Other Lives au Café de la Danse et à l’époque, ça ne m’importait pas beaucoup. L’album n’était pas encore sorti, pas plus d’une ou deux chansons avaient dû faire surface et je n’étais pas un grand connaisseur du projet principal de Simon Tong et Erland Cooper, Erland And The Carnival. Ce sont en fait les compte-rendus dithyrambiques du concert et l’écoute de l’album un peu plus tard qui m’ont convaincu d’assister vendredi dernier au premier concert de The Magnetic North en tant que tête d’affiche à Paris.
J’arrive un peu à la bourre à la Maroquinerie, juste le temps d’entendre les deux dernières chansons de Marie Flore. Difficile de juger convenablement sur cinq petites minutes de concert, mais j’ai trouvé ses chansons mignonnes, sans que la prestation soit très originale ou renversante, je n’ai finalement retrouvé qu’une fille à la guitare qui chante en anglais.
On pouvait se demander comment le groupe allait parvenir à restituer sur scène toutes les sonorités de l’album très justement intitulé « Orkney: Symphony Of The Magnetic North». En effet, on aurait bien vu le groupe accompagné par un orchestre et un choeur, avec sans doute un meilleur résultat que pour Get Well Soon à Rock en Seine cet été… Les trois musiciens principaux, Hannah Peel, Erland Cooper et Simon Tong, se sont tout de même entourés d’une batterie, d’un violon et d’un violoncelle (tant pis pour les cuivres) et le résultat est très convaincant !
Comme sur l’album, les arrangements sont très délicats, les cordes et la voix (et les déhanchés) d’Hannah Peel apportent beaucoup à l’aspect planant et aérien des morceaux, façon « voyage dans l’archipel d’Orkney », avec des vidéos diffusées en arrière-plan, présentant les lieux évoqués dans les chanson. Comme Efterklang qui sont partis enregistrer leur dernier album Piramida dans le Grand Nord, quelque part dans le Spitzberg, et sont revenus avec un magnifique album, The Magnetic North ont enregistré à Orkney, des îles perdues au Nord de l’Écosse, d’où Erland Cooper est originaire.
L’instrumentation des chansons est un peu différente du disque, à l’image de Old Man Of Hoy, sur laquelle une boîte à musique côtoie la violente batterie qui remplace les trombones, ce qui rend le morceau bien plus puissant et, avec l’aide des cordes, évoque un post-rock à la Sigur Rós. Parmi les autres grands moments du concert où l’intégralité de leurs morceaux a été jouée (album et single), les géniales Rackwick et Ward Hill (assez post-rock elle aussi), ou encore Hi Life, la reprise de Syd Matters qui tend à dépasser l’originale.
C’est sans doute l’effet recherché, mais en sortant du concert, on n’a qu’une envie : préparer son sac et embarquer pour Orkney (ou alors se marier avec Hannah Peel). Seul regret, que la Maroquinerie n’ait pas été un peu plus remplie pour ce très beau concert (mais ça viendra, on ne peut qu’aimer un groupe comme ça).
Setlist :
Stromness
Bay Of Skaill
Hi Life
Betty Corrigal
Old Man Of Hoy
Warbeth
Orphir
Nehertons Teeth
Rackwick
The Black Craig
Yesnaby
Ward Hill
Warbeth
Hoy Sound

