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- Qu’est ce que tu fais si je meurs aujourd’hui? – Je mourrai demain.

Le cinéma l’été, qu’on se le dise, ce n’est pas vraiment une période propice aux chefs d’oeuvres. On retiendra que:
  • Prince of Persia (dont je ne mettrai pas de lien) est la pire daube de l’histoire de l’humanité. Je me suis endormie pour la première fois de ma vie au cinéma, c’est dire. Je ne développerai même pas sur les effets spéciaux médiocres, le jeu des acteurs nullissimes ou les décors en carton-pâte. C’est inutile.

  • Dog Pound est un concentré de violence (contenue, ou pas d’ailleurs) qui vous colle à votre siège pendant 90 minutes. Chapiron termine par une scène mythique, qui montre que la haine peut se propager d’une manière invraisemblable. Mention spéciale pour Adam Butcher, simplement génial et dont les expressions du visage marquent réellement.


  • Comme je suis une fan absolue de Bill Nighy, je suis allée voir Petits meurtres à l’anglaise. Et c’est sans surprise que j’ai assisté à une fort sympathique comédie anglaise, pleine de quiproquos et répliques improbables. En plus il y a Emily Blunt, que j’avais bien aimée dans Sunshine Cleaning l’an passé. À voir en VO bien sûr.

  • Le tant attendu Inception. En gros on a: un casting assez impressionnant (DiCaprio, Joseph Gordon-Levitt, Ellen Page, Cillian Murphy, Marion Cotillard, Mickael Caine…), un réalisateur accompli (Christopher Nolan), un scénario complexe sans être incompréhensible (cf David Lynch), des plans à couper le souffle… C’est relativement impossible à expliquer, on se sent complètement happé par l’histoire. Bref, c’est à voir absolument au cinéma.

J’ai aussi vu 500 jours ensemble (chez moi et en retard). C’est assez étrange car atypique et banal à la fois. Les flash backs incessants nous font passer de la joie à la tristesse en un claquement de doigts. La petite soeur de Gordon-Levitt (très bon, comme d’habitude) est magistralement interprétée par Chloe Moretz, aka la Hit Girl de Kick Ass. Sinon la perfection de Zooey Deschanel commence à être pénible à vivre pour les filles comme moi.

Bonus: une bande son magique (au hasard, Regina Spektor et les Black Lips).

Petit zoom sur J’ai tué ma mère. Le film est sorti en 2009. Le metteur en scène, Xavier Dolan est né en 1989. Oui, vous avez bien compté, ça fait 20 ans. Ce premier long métrage a même été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes. Bref, ce jeune québécois est un petit génie.

Le film est précieux, dans le sens où chaque détail est pris en compte. Plans fixes, ralentis, décors étudiés, gros plans… on pourrait croire que Dolan a 30 ans d’expérience. Pourtant, le film a un côté très adolescent, naïf, presque puéril par moments. Dolan filme par exemple deux mères: la sienne, qu’il haït et celle de son amoureux, qui en est l’exacte opposée (elle fume, se tape des jeunôts et accepte parfaitement l’homosexualité de son fils).

Ce film aborde des thèmes durs en utilisant des images sublimes: la relation mère-fils, la relation père absent-fils, les relations amoureuses, la fidélité, le pardon en sont quelques exemples. Sur les moult disputes du film, celle entre la mère et le directeur du lycée restera la plus impressionnante. On notera qu’il faut un petit temps d’adaptation à l’accent québecois tout de même.

Le prochain film de Dolan, Les Amours Imaginaires, sortira le 29 septembre. On y sera, bien sûr.

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« BON ON SE MET PRES DE LA PORTE HEIN, AU CAS OU JE ME SENTE PAS BIEN »


D’après une amie, un certain nombre de blogs ont posté sur Enter the Void. N’ayant pas tellement traîné sur la blogo dernièrement, je n’ai pas vraiment eu l’occasion de les lire, et en grande rebelle que je suis, je vais aussi donner mon avis sur cette oeuvre. En retard en plus.

Parce que Enter The Void, c’est pas vraiment un film, c’est plus une atmosphère. Déjà tu rentres dans la salle, tu te prépares psychologiquement à assister à 2h30 de Gaspar Noé et là, un gros dur de 120kg balance tout haut juste avant le début du film « ça va chier ». Poétique et réaliste.

Et là on te jette le générique. Je crois qu’il parle de lui-même. Il vaut mieux pas être épileptique quoi.

Dès les premières secondes du film, on se sent donc complètement happé par l’écran.

La première partie est filmée à la première personne, c’est-à-dire que oui, là on peut dire qu’on se met dans la peau du personnage. Ça te retourne tellement les tripes que t’en as presque l’impression de te shooter en même temps que les personnages.

Alors comme on peut s’y attendre, les relations entre les différents protagonistes de ce film sont quelque peu… malsaines. Le frère dealer qui se tape la mère d’un de ses clients. La soeur, Paz De La Huerta, la fille au visage angélique (pour ne pas mentionner son corps) qui fait du strip et se tape le patron. Le frère fantasme sur sa soeur. Les potes plus ou moins foireux. Qui fantasment aussi sur la soeur. Et Tokyo. On pouvait difficilement choisir un meilleur décors. Et puis la bande-son en adéquation parfaite avec les images.

Ce qu’il y a de relativement magique dans ce film, c’est qu’il y a des dizaines de petits détails qui se recoupent tout au long du film. Des choses auxquelles tu ne prêtais pas forcément attention mais qui finalement se révèleront décisives. Dans l’idéal il faudrait revoir ce film plusieurs fois. Sauf qu’après un petit débat avec ma soeur, on s’est dit que non, on y retournerait pas tout de suite.

Parce que oui, il y a des scènes insupportables (c’est un film de Noé après tout), de la drogue, de la violence et beaucoup de cul. Surtout à la fin. Mais là encore, le petit Gaspar arrive à me surprendre parce que parmi les scènes à la limite du porno toutes plus glauques les unes que les autres se glissent deux plans (l’un très bref, l’autre assez long) montrant le « vrai » sexe. Sans en faire des tonnes. Et tout de suite, ça devient beau.

Aussi, il y a certaines longueurs (ce qui paraît logique, 150 minutes, c’est pas rien) pendant lesquelles on se dit que si ce film n’avait pas été réalisé par Noé, et donc auréolé d’une certaine aura sulfureuse, il n’aurait peut être pas été financé. D’un autre côté, et après réflexion, toutes les scènes semblent indispensables à la cohérence de cette oeuvre. Certains plans auraient pû être écourtés (les écrans psyché jaunâtres pendant 10 minutes par exemple), mais le film aurait été moins transcendant.


Car il s’agit de bien plus qu’un film. On ne peut pas décemment sortir indifférent de la projection. A chaud, je ne savais pas si je le détestais complètement ou si je le considérais comme un chef-d’oeuvre. Il va me falloir un peu de recul pour trancher. Mais ça m’a marquée.

Visuellement parlant, c’est impressionnant (manière de filmer + couleurs + trips sous acides + psychédélisme), et c’est bouleversant au niveau émotionnel (scénario + ellipses, flashbacks et flashforwards en veux-tu en voilà + jeu des acteurs).

C’est une expérience à vivre.

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UNMADE BEDS


Alors non, je ne comprendrai jamais pourquoi certaines personnes décident de changer des titres de films qui étaient en anglais (Unmade Beds, donc) pour en faire un autre titre, toujours en anglais, mais beaucoup moins bon (London Nights, donc). On peut dire la même chose de The Boat That Rocked / Good Morning England. Bref.

Alors quoiqu’en disent les Inrocks ou autres journaux, moi j’ai aimé ce film. On pourrait avancer que oui, parfois, c’est un peu cliché, que c’est plus ou moins prévisible, que ça manque de tranchant… Mais en même temps, moi on me sert du Kimya Dawson en bande-son et je fond directement. Le reste de l’OST est tout aussi génial honnêtement.
Et puis il y a Deborah François.
Et la manière de filmer, filtres et gros plans, en veux-tu en voilà.
Et les scènes d’amour superbes.
Et l’errance poétique des personnages.
Et les polaroids.
Et les histoires complètement improbables.
Je suis vraiment incapable de rédiger correctement la critique d’un film, je veux bien l’avouer. Mais je sais distinguer les films que je reverrai avec plaisir parce que je suis sortie de la salle avec un large sourire imprimé sur mon visage.
+ Il faut aller voir New York I Love You aussi les enfants. Pas vraiment comparable au Paris Je t’Aime, dont certains courts n’étaient pas très accessibles, mais visuellement très beau et touchant.
Oui je soutiens les films qui ne sont pas très bien notés par la presse et je le vis bien.
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