J’ai beau être amoureuse de la personne de Christopher Owens depuis plus d’un an et des brouettes, me décider à aller voir Girls en concert a été beaucoup plus dur que prévu. Parce que je les trouvais parfaits dans tout ce qu’ils faisaient j’avais globalement peu de voir mon petit coeur être brisé — ouais c’est un peu pathétique mais c’est la vérité vraie. Et puis au final, comme j’avais rien d’autre à faire mercredi soir je suis allée à la Cité de la Musique voir ce qu’il en était. En plus d’avoir une salle absolument magnifique, ce sont des petits rigolos à la Cité de la musique. Histoire de nous mettre dans le bain, ils nous ont mis du Denim pour attendre. Note bien qu’écouter Denim en attendant un concert de Girls avachie dans un fauteuil c’est malheureusement pas tous les jours que ça arrive.
Autant je ne trouve pas Tristesse Contemporaine qui ouvrait pour Girls — pas tout compris à la vie sur ce coup là — détestable sur disque, qu’on soit clair, j’ai passé toute la fin de leur concert à me boucher les oreilles. POURQUOI cette boîte à rythme dégueulasse qui fout en l’air toute cette idée machinchose d’un groupe mi-d4rk mi-dance ? Parce qu’ils peinaient aussi à imposer leur ambiance si particulière, je pense juste au final que je n’étais pas assez défoncée pour apprécier. Le chanteur aurait globalement pu échanger son masque d’âne contre un bonnet du même animal que ça aurait rien changé à l’affaire. C’est dommage parce que dans un autre cadre je suis sûre que ça pourrait être cool. Tristesse (Contemporaine) en effet.
Si mettre du Denim en attendant Girls était une riche idée — quoique j’y aurais plutôt vu du Felt — il aurait peut être fallu prévoir plus de 3 chansons à faire tourner en boucle (à savoir Back In Denim, I’m Against The 80s et It Fell Off the Back of a Lorry) puisque Christopher avait apparemment décidé d’arriver en retard ce soir-là. 40 minutes plus tard prennent place derrière leurs micros traditionnellement parés d’un bouquet de fleurs, les membres de Girls au grand complet, et notamment accompagnés des 3 choristes qui formaient un contraste on ne peut plus saisissant avec la personne de Christopher Owens. Habillé dans cette même chemise à pois que lors de cette fameuse séance photo pour Hedi Slimane où il ressemblait au final plus du tout à ce petit être fragile qui plaît tant, ChrissyBB se contente en concert de très timides « merci » de temps à autre tandis que ses choristes parvenaient à prendre les poses les plus absurdes possibles à un concert de Girls en bougeant leurs fesses et leurs seins de manière effrénée. À la manière de grosses divas, armées d’un éventail. Un poil fatigantes sur la longueur — c’est particulièrement irritant de voir quelqu’un s’agiter continuellement pendant une heure alors imaginez ça multiplié par 3 — elles conféraient néanmoins une dimension intéressantes à certaines chansons par leur apport vocal puissant, bien plus en tout cas que la discrète voix de Christopher, tout ça pendant que Chet ‘JR’ White s’envoyait un petit whisky.
Qu’on se le dise, le début du concert était loin d’être fou-fou, et j’avais le sourire un brin crispé, Honey Bunny perdant tout son sel sans le déhanché de Christopher dans son crop tee. Mais la machine de l’amour s’est globalement mise en place à partir de Laura, une de deux seules chansons du premier album à avoir été jouée ce soir, si l’on met de côté le rappel. Les plus beaux moments du concert reviennent clairement à My Ma et Love Like A River, bulldozer sentimentaux pour jeunes filles en fleurs. Et si les arrangements vocaux oubliaient clairement de faire dans la sobriété, ils donnaient en fait aux morceaux une force supplémentaire non négligeable prête à nous arracher une larme tellement c’était beau et chanté avec tant de sincérité. Et au final, c’est vraiment pour ça qu’on l’aime Christopher Owens et que tant de filles et de garçons tombent amoureux/ses de lui. Parce que malgré tout, il reste ce type un peu bizarre, un peu mal à l’aise mais toujours touchant, surtout grâce à la naïveté de ses paroles, pain béni pour ses détracteurs, mais qui va toujours droit au coeur de ceux qui savent les apprécier. Et de la jeune fille amoureuse, il y en avait de tous les côtés en train de se faire pipi dessus — mais surtout au premier rang. Bah ouais, un mec qui chante des chansons d’amour comme un petit chaton sous sa chevelure blonde ça continue de marcher du tonnerre.
Passée la puissance des morceaux comme My Ma et Love Like A River, on peut cependant regretter la presque surabondance de morceaux somme toute très jolis sur disque mais très faiblards en live, comme Forgiveness, et voire même Broken Dreams Club, ce qui est du beau gâchis. On leur préférera en effet les morceaux avec de la bonne grosse guitare genre Vomit ou même Die, qui prennent tout leur sens en concert. Et alors qu’on tirait un peu la tronche en attendant le rappel parce qu’on avait en fait eu presque aucun morceau d’Album, ces gros malins avaient en fait prévu le coup. Alors que Christopher finissait de faire fondre nos pauvres petits coeurs dans un silence complet seul à la guitare sur Jamie Marie, rigolant même au passage en butant sur un mot — on vous a dit, chaton — v’là qu’ils enchaînent à la suite Lust For Life, Hellhole Ratrace et Morning Light. Et même s’ils se contentaient globalement de jouer de manière identique que sur disque (à cause de ce que Lawrence a dit ?), ça suffisait largement pour nous combler et à faire sauter les garçons dans tous les sens pendant que les filles se pâmaient. Girls c’est le groupe de l’amour, et même planqué sous ses cheveux blonds, dans sa désormais classique pose d’imitation du « flamant rose » (comme elles disent chez TEA), Christopher donne l’impression de chanter avec toute la candeur du monde et nous fait au final tous tomber un(e) à un(e).