Posted in juin 2012

Route du Rock édition Été 2012

Quiconque est déjà allé à La Route du Rock sait qu’il y retournera forcément l’année prochaine. Même si il ou elle a foutu en l’air sa paire de chaussures (RIP les bottines), et ne se souvient toujours pas par quel miracle il ou elle est parvenu à trouver le camping le dimanche venu — « boire pour oublier, mais ne pas oublier de boire« , un truc dans ce goût là. Sauf que comme on est un peu con-con ici-bas, on sera bien pommés en Suède en train de se faire poursuivre par des rennes du 10 au 12 août prochain au lieu de prendre sa douche au fort de Saint-Père (Marc en Poulet). Ce qui ne veut pas dire qu’il faut que vous fassiez de même, BIEN AU CONTRAIRE.

Je vous explique l’affaire les dudes : en plus d’avoir eu l’idée géniale de mettre des PALMIERS sur son affiche, la Route du Rock a la plus belle programmation de cet été. Genre le vendredi ‘chaton Jason Pierce Spiritualized. Pile le type de groupe qu’on se doit de voir une fois dans sa vie, parce que bon, quand même, c’est globalement une des plus belles choses du monde et en concert ça a l’air juste gigantesque, que ce soit au niveau du son ou de la performance. Puis entre ça, The Soft Moon ou Yeti Lane (qui d’ailleurs font la première partie du BJM à la Coopé le 3 juillet tiens), ça risque de bien donner au fort, entre la scène de la tour et la grande scène le vendredi. Bon après vous pouvez aussi aller voir Alt-J, Patrick Watson ou Dominique A (qui jouera Vers Les Lueurs). On est pas sectaires ici. Vous pouvez aussi vous aventurer jusqu’à l’Escalier Club si vous êtes encore debout après ça pour voir Michael Mayer.

Le samedi aussi promet d’être foufou et globalement qu’il grêle, qu’il neige ou que Dieu pisse sur nos cirés, on ne pourra qu’être contents d’être au fort de Saint Père. Lower Dens, My Best Fiend et Savages en coups de coeur hallucinés, la tête d’affiche The XX quelque part par là aussi, même si je suis un peu plus dubitative quant à leurs capacités scéniques. Et si, comme moi, vous avez pas réussi à vous démerder pour aller voir Breton aux Transmusicalesun affreux concours de circonstances — séance de rattrapage en plein air le 11 août. Et comme La Route du Rock est un festival qui fait en sorte que tu puisses voir à peu près tous les concerts si tu en as envie, en limitant la surabondance des scènes comme dans d’autres festivals, autant en profiter pour aller voir Egyptology sur la petite scène de la Tour. Je vous conseille également d’aller faire un tour à la Plage Bonobo, manger une glace, et regarder Ela Orleans, les pieds dans le sable puis de continuer au Palais du Grand Large pour Memoryhouse et re-Dominique A (qui ce soir là joue son album La Fossette). Et comme la veille, pour les survivants, Jamie XX des susnommés XX sera à l’Escalier Club.

Si le festivalier, le dimanche venu, commence à fatiguer, la perspective de voir la douce Hope Sandoval devrait réchauffer son coeur. Et même si le jeu de scène de Mazzy Star apparaît, euh, inexistant, sa voix enveloppante suffira sûrement pour qu’on finisse de tomber amoureux/se. Passons rapidement sur les cas d’Hanni El Khatib et de Stephen Malkmus And The Jicks — après vous avez le droit d’aimer Pavement hein — pour se concentrer pour cette magnifique affiche Chromatics / Cloud Nothing / The Walkmen. Le dimanche sera en gros là pour finir de faire un trou dans votre coeur.

Il me faudra bien un sauna rempli de suédois pour me consoler de louper ça.

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Girls, Cité de la Musique

J’ai beau être amoureuse de la personne de Christopher Owens depuis plus d’un an et des brouettes, me décider à aller voir Girls en concert a été beaucoup plus dur que prévu. Parce que je les trouvais parfaits dans tout ce qu’ils faisaient j’avais globalement peu de voir mon petit coeur être brisé — ouais c’est un peu pathétique mais c’est la vérité vraie. Et puis au final, comme j’avais rien d’autre à faire mercredi soir je suis allée à la Cité de la Musique voir ce qu’il en était. En plus d’avoir une salle absolument magnifique, ce sont des petits rigolos à la Cité de la musique. Histoire de nous mettre dans le bain, ils nous ont mis du Denim pour attendre. Note bien qu’écouter Denim en attendant un concert de Girls avachie dans un fauteuil c’est malheureusement pas tous les jours que ça arrive.

Autant je ne trouve pas Tristesse Contemporaine qui ouvrait pour Girls — pas tout compris à la vie sur ce coup là — détestable sur disque, qu’on soit clair, j’ai passé toute la fin de leur concert à me boucher les oreilles. POURQUOI cette boîte à rythme dégueulasse qui fout en l’air toute cette idée machinchose d’un groupe mi-d4rk mi-dance ? Parce qu’ils peinaient aussi à imposer leur ambiance si particulière, je pense juste au final que je n’étais pas assez défoncée pour apprécier. Le chanteur aurait globalement pu échanger son masque d’âne contre un bonnet du même animal que ça aurait rien changé à l’affaire. C’est dommage parce que dans un autre cadre je suis sûre que ça pourrait être cool. Tristesse (Contemporaine) en effet.

Si mettre du Denim en attendant Girls était une riche idée — quoique j’y aurais plutôt vu du Felt — il aurait peut être fallu prévoir plus de 3 chansons à faire tourner en boucle (à savoir Back In Denim, I’m Against The 80s et It Fell Off the Back of a Lorry) puisque Christopher avait apparemment décidé d’arriver en retard ce soir-là. 40 minutes plus tard prennent place derrière leurs micros traditionnellement parés d’un bouquet de fleurs, les membres de Girls au grand complet, et notamment accompagnés des 3 choristes qui formaient un contraste on ne peut plus saisissant avec la personne de Christopher Owens. Habillé dans cette même chemise à pois que lors de cette fameuse séance photo pour Hedi Slimane où il ressemblait au final plus du tout à ce petit être fragile qui plaît tant, ChrissyBB se contente en concert de très timides « merci » de temps à autre tandis que ses choristes parvenaient à prendre les poses les plus absurdes possibles à un concert de Girls en bougeant leurs fesses et leurs seins de manière effrénée. À la manière de grosses divas, armées d’un éventail. Un poil fatigantes sur la longueur — c’est particulièrement irritant de voir quelqu’un s’agiter continuellement pendant une heure alors imaginez ça multiplié par 3 — elles conféraient néanmoins une dimension intéressantes à certaines chansons par leur apport vocal puissant, bien plus en tout cas que la discrète voix de Christopher, tout ça pendant que Chet ‘JR’ White s’envoyait un petit whisky.

Qu’on se le dise, le début du concert était loin d’être fou-fou, et j’avais le sourire un brin crispé, Honey Bunny perdant tout son sel sans le déhanché de Christopher dans son crop tee. Mais la machine de l’amour s’est globalement mise en place à partir de Laura, une de deux seules chansons du premier album à avoir été jouée ce soir, si l’on met de côté le rappel. Les plus beaux moments du concert reviennent clairement à My Ma et Love Like A River, bulldozer sentimentaux pour jeunes filles en fleurs. Et si les arrangements vocaux oubliaient clairement de faire dans la sobriété, ils donnaient en fait aux morceaux une force supplémentaire non négligeable prête à nous arracher une larme tellement c’était beau et chanté avec tant de sincérité. Et au final, c’est vraiment pour ça qu’on l’aime Christopher Owens et que tant de filles et de garçons tombent amoureux/ses de lui. Parce que malgré tout, il reste ce type un peu bizarre, un peu mal à l’aise mais toujours touchant, surtout grâce à la naïveté de ses paroles, pain béni pour ses détracteurs, mais qui va toujours droit au coeur de ceux qui savent les apprécier. Et de la jeune fille amoureuse, il y en avait de tous les côtés en train de se faire pipi dessus — mais surtout au premier rang. Bah ouais, un mec qui chante des chansons d’amour comme un petit chaton sous sa chevelure blonde ça continue de marcher du tonnerre.

Passée la puissance des morceaux comme My Ma et Love Like A River, on peut cependant regretter la presque surabondance de morceaux somme toute très jolis sur disque mais très faiblards en live, comme Forgiveness, et voire même Broken Dreams Club, ce qui est du beau gâchis. On leur préférera en effet les morceaux avec de la bonne grosse guitare genre Vomit ou même Die, qui prennent tout leur sens en concert. Et alors qu’on tirait un peu la tronche en attendant le rappel parce qu’on avait en fait eu presque aucun morceau d’Album, ces gros malins avaient en fait prévu le coup. Alors que Christopher finissait de faire fondre nos pauvres petits coeurs dans un silence complet seul à la guitare sur Jamie Marie, rigolant même au passage en butant sur un mot — on vous a dit, chaton — v’là qu’ils enchaînent à la suite Lust For Life, Hellhole Ratrace et Morning Light. Et même s’ils se contentaient globalement de jouer de manière identique que sur disque (à cause de ce que Lawrence a dit ?), ça suffisait largement pour nous combler et à faire sauter les garçons dans tous les sens pendant que les filles se pâmaient. Girls c’est le groupe de l’amour, et même planqué sous ses cheveux blonds, dans sa désormais classique pose d’imitation du « flamant rose » (comme elles disent chez TEA), Christopher donne l’impression de chanter avec toute la candeur du monde et nous fait au final tous tomber un(e) à un(e).

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