Vous commencez à le savoir, au Kiwi, on évite de faire tout comme tout le monde. Vous avez peut-être cherché nos tops albums ou tops concerts de 2011 en ce début d’année. Eh ben raté, à la place, on vous a pondu un compte-rendu d’un concert vieux de deux ans. Alors pour se faire pardonner voici notre top 2012, ou du moins les premiers extraits des albums qu’on attend le plus en 2012. Vous trouverez peut-être qu’il manque plein de choses, mais c’est avant tout une sélection subjective et forcément, on attend encore beaucoup d’albums !
J’en profite pour vous faire remarquer que Le Kiwi a gagné un petit frère pour son anniversaire samedi. Vous le voyez dans la colonne de droite mais vous pouvez aussi aller voir sur Tumblr comme c’est joli. L’esprit, c’est que même si on n’écrit ici que par intermittence, vous ayez toujours quelque chose de nouveau à écouter quand vous visiterez le site.
Un single de The Apartments est sorti récemment sur l’excellent label australien Chapter Music (Crayon Fields, Geoffrey O’Connor, Twerps…). Pour l’occasion, le groupe – ou plutôt Peter Milton Walsh et quelques amis (notamment la violoniste de The Go Betweens) – est remonté sur scène ces dernières semaines. Et les quelques vidéos qui ont émergé sur internet m’ont donné envie de parler d’un concert vieux de plus de deux ans plutôt que de la dizaine d’autres auxquels j’ai pu assister au cours du mois de novembre dernier.
C’était en novembre 2009. En bon fan de toujours, Emmanuel Tellier avait tout fait pour faire revenir The Apartments en France et c’est en grande partie grâce à lui qu’a pu s’organiser cette mini-tournée de trois dates, douze ans après la dernière sortie d’un album. Peter Walsh passait donc par la Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand, « la Brooklyn française », comme elle lui avait été présentée par Emmanuel Tellier. Ce dernier assurait d’ailleurs la première partie avec son très bon groupe 49 Swimming Pools – dont le deuxième album vient de sortir - et j’avais bien failli renoncer à vivre ce grand moment pour des obligations scolaires le lendemain. Bien mal m’en aurait pris.
Fakehorse peut en témoigner, l’atmosphère qui régnait ce soir-là dans le Club de la Coopé était très étrange, comme si le public venait retrouver un très bon ami parti il y a une dizaine d’années sans donner de nouvelles : beaucoup d’impatience et sans doute un peu d’appréhension. Comme je ne lisais pas Les Inrocks dans la poussette, je n’ai découvert The Apartments qu’à travers un article sur La Blogothèque, justement à propos de ce retour. Et je ne sais pas si c’est la sensation d’avoir affaire à un groupe majeur largement ignoré ou l’écoute de The Goodbye Train qui m’a convaincu d’emblée, toujours est-il que je devais en être.
En être, oui, parce que c’est un peu religieux, un concert de Peter Walsh. C’est avant tout écouter chanter un monsieur à la voix quelque peu usée par le temps, jouer de la guitare assis, sobrement accompagné par Eliot Fish (avec parfois claviers ou trompette). Mais ce n’est pas n’importe quel monsieur, celui-là a écrit des monuments comme World Of Liars ou Knowing You Were Loved. Je ne saurais pas retrouver la setlist complète de ce concert, mais là n’est pas le plus important. Le plus important, c’est l’émotion, c’est d’avoir fait partie de ce public, parfois au bord des larmes en écoutant attentivement la musique de Walsh, parfois chantant timidement avec lui.
Je dois avouer que malgré tout ce que j’avais lu, j’ai eu un peu peur quand j’ai vu Peter entrer sur scène lunettes noires sur le nez et en costard, peur d’avoir face à moi un musicien fermé, qui se contenterait de nous jouer ses chansons sans passion. C’était bien mal le connaître, car dès qu’il se met à chanter, on prend la mesure de ses chansons, on se rend compte que les morceaux qu’on avait repérés aux premières écoutes sont effectivement très grands et que les autres (Mr Somewhere...) sont du même tonneau.
Comment ne pas être bouleversé par l’intensité, la puissance et la sincérité qu’il réussit à insuffler à ses chansons, le plus souvent avec seulement sa voix et deux guitares ? En sortant de la salle, tout retourné, on se rend compte qu’on est une bande de petits privilégiés qui a eu la chance incroyable de découvrir toutes ces chansons sur scène alors que certains l’attendent encore depuis plus de quinze ans.
Alors on sait que tu prends ton temps pour sortir des albums, mais s’il te plaît, Peter, reviens-nous vite.
Des compte-rendus du concert parisien par Culturopoing, IndieRockMag ainsi que des vidéos du concert. Un compte-rendu de celui de Chinon. Vous pouvez aussi écouter Drift (que Talitres a réédité l’an passé) sur Spotify.