Posted in août 2011

Kathryn Calder (The New Pornographers) + Garciaphone

Affiche du concert Kathryn Calder

Pour son premier concert, Le Kiwi est très fier de recevoir Kathryn Calder (Canada, membre des New Pornographers !) et Garciaphone (France, Kütu Folk Records) au Coffee Break (Clermont-Ferrand), le 12 septembre à 21h.

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais vous l’avez certainement déjà vue et entendue au sein du supergroupe The New Pornographers, où elle officie depuis 2005.
Après avoir sorti quatre albums avec son précédent groupe Immaculate Machine, Kathryn s’est lancé en 2010 dans une carrière solo avec la parution de l’album Are You My Mother. Dédié à la mémoire de sa mère, gravement malade pendant l’enregistrement, l’album n’en est pas moins entraînant, tantôt teinté de power-pop, tantôt très doux. Les chansons « Castor and Pollux », « Slip Away » ou encore « Arrow » l’illustrent parfaitement.

Il faut dire que si sa merveilleuse voix nous séduisait déjà avec les New Pornographers, on a ici l’occasion de l’entendre plus longuement. Sublimée par son backing band, Kathryn Calder devrait en convaincre plus d’un le 12 septembre dans le cadre très cosy du Coffee Break.

     

En première partie, nous accueillerons le Clermontois Garciaphone, qui vient de rejoindre l’écurie  Kütu Folk Records, pour un EP à paraître à la fin de l’année. Il nous présentera ses chansons noires, mais douces et belles. Rien de tel que de jeter une oreille sur Tornadoes ou Robinsons pour vous faire une idée.

Batteur de formation, Olivier Perez crée garciaphone en 2007 alors qu’il vit à Oslo. C’est à Mexico, quelques années plus tôt, alors privé de son instrument rythmique, qu’il avait commencé à composer à la guitare. Par ses textes énigmatiques sur des mélodies pop, ces questions troublantes que l’on fredonne, garciaphone invite au clair-obscur. Qu’il soit seul avec une guitare et des machines ou soutenu par une basse-batterie ‘pixies-esque’ (contrastant avec une autre référence évidente, Elliott Smith) ses chansons ne peuvent laisser indifférent.

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Route du Rock, dimanche

Aujourd’hui, c’est dimanche et le dimanche à la Route du Rock, c’est synonyme de Palais du Grand Large. On loupe donc malheureusement Frànçois & the Atlas Mountains, qu’on a déjà vu et beaucoup apprécié, pour aller s’installer dans les confortables sièges du palais.

Peut-être un peu trop confortables d’ailleurs. Je n’étais pas forcément charmé par ce que j’avais écouté de Chelsea Wolfe avant de venir et ce concert l’a confirmé. Je ne sais pas si c’est la fatigué cumulée des deux jours précédents, les sièges ou la musique, mais je me suis lamentablement endormi pendant une petite moitié de son concert. Je n’irai pas jusqu’à dire que le chant de la demoiselle est soporifique, elle a une superbe voix, seulement, les couches d’effets les unes par-dessus les autres ont fini par me lasser.

La suite est plus intéressante quand débarque Josh T. Pearson, très applaudi par le public, visiblement venu pour lui. Après les blagues dont il a l’habitude pour commencer  (il remettra ça avant le rappel), il va jouer environ une heure. Sa musique est lente, mais très torturée, comme sa voix, ordinairement douce, mais qu’il pousse régulièrement et accélère parfois. L’ensemble reste tout de même bien moins nerveux qu’avec son ancien groupe Lift To Experience. Je suis finalement un peu surpris d’accrocher autant à des compositions qui ne m’avaient pas renversé sur disque, sans doute grâce au charisme du monsieur.

Beaucoup ont alors quitté le Palais pour essayer de rejoindre le Fort de St-Père en évitant les traditionnels embouteillages. Bien mal leur en a pris, puisque suivait alors un des concerts  que j’attendais le plus du weekend, Other Lives. Les musiciens de l’Oklahoma sont bien à l’étroit sur scène, avec leur vingtaine d’instruments (violons, claviers, guitares, basse, violoncelle, batterie, maracas, trompette ou même iphone (?!)…), mais on comprend vite leur nécessité tant ce groupe dégage de puissance. Dans un registre folk/rock très américain, ils n’hésitent pas à donner beaucoup d’ampleur, de volume à leurs morceaux, laissant parfois le chant au second plan. Nous aurons droit à une majorité de chansons de leur excellent second album à paraître ce lundi : « Tamer Animals », « For 12″, « Dark Horse » ou « As I Lay My Head Down ». A noter aussi que le groupe nous offrira « The Partisan » de Leonard Cohen dans un style bien différent de la version d’Electrelane quelques jours plus tôt.

Après un si bon début de journée, on se rend au fort en espérant qu’elle continuera sur sa lancée. Malheureusement, on arrive pour la toute dernière chanson des Canadiens sautillants de Here We Go Magic, c’est pop, c’est frais, mais on ne pourra pas vraiment juger si la prestation live est à la hauteur de leurs albums.

Vient alors le moment du concert très attendu d’Okkervil River. On connait la fougue des Texans sur album et cette performance était l’occasion de vérifier que sur scène, Will Sheff et ses acolytes ne font pas non plus dans la retenue. Cela en visiblement gêné beaucoup, mais connaissant leur travail studio, il n’y avait pas grand chose de surprenant à voir Will faire le show : se jeter partout, balancer le pied de micro, haranguer la foule. Peut-être fallait-il être dans les premiers rangs pour vraiment apprécier le concert, mais ça a fonctionné sur moi, que ce soit avec leurs anciens tubes (« For Real », « Lost Coastlines », « Unless It’s Kicks ») ou les meilleurs morceaux du nouvel album (« Wake and Be Fine », « Rider »).

Le passage éclair de Cat’s Eyes (à peine une demi-heure !) ne m’aura pas laissé de souvenir impérissable. Le son était encore une fois trop fort et si la voix particulière de Faris Badwan est appréciable, je n’ai pas retrouvé l’aspect pop glacée de leur album, là c’était bruyant (mais carré).

Les problèmes de son continuent sur les Fleet Foxes, dont la performance a été gâchée par une bouillie sonore, au moins sur les premiers titres. A part ça, je ne retournerai pas ma veste, j’aime beaucoup les compositions des Fleet Foxes, que ce soit le premier ou le deuxième album, j’étais donc très content d’entendre les splendides harmonies sur « White Winter Hymnal »  ou « Mykonos ». Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais j’ai malgré tout été un peu déçu par ce concert en général, peut-être tout simplement trop sage, trop posé après avoir vu Will Sheff faire le fou pendant le concert d’Okkervil River…

Un peu d’électro pour finir la soirée avec Mondkopf, qui n’aura pas vraiment séduit, mais surtout Dan Deacon qui aura fait danser le public de la scène de la Tour et ravi la plupart, avec un set un peu fou, en plein milieu de la fosse.

 

Une bien belle édition 2011 de la Route du Rock, à revoir presque en intégralité sur ArteLiveWeb et un joli compte rendu par La Blogothèque. A noter que vous pourrez retrouver cet automne les artistes qu’on a aimés ) la Route du Rock en concert :

- Low  le 01/12 à L’Epicerie Moderne, Lyon et le 02/12 à La Gaîté Lyrique, Paris.

- Okkervil River le 16/12 au Café de la Danse, Paris

- Other Lives le 01/09 à la Flèche d’Or, Paris; le 02/11 au Casino de Paris; le 05/11 au Transbordeur de Lyon,  le 06/11 au Cabaret Aléatoire de Marseille.

- Botibol le 05/09 au Café de la Danse, Paris (avec Megafaun), le 07/10 à la Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand (avec Kim Novak)…

- Frànçois & The Atlas Mountains pour une grosse tournée avec notamment le 29/09 à la Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand, le 06/11 à la Boule Noire, Paris…

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Route du Rock, vendredi et samedi

Avec une programmation aussi alléchante (comme tous les ans, vous me direz), il était difficile de résister à faire l’aller retour jusqu’à St-Malo. Bien nous en a pris, puisque les concerts ont été, pour la grande majorité, à la hauteur des espérances. On se doutait aussi que le weekend allait être agité au niveau de la météo et on ne s’est pas trompé sur ce point…

  • Vendredi :

Après beaucoup d’hésitations pour trouver l’entrée du fort de St-Père (et après avoir malencontreusement raté Botibol à la plage), on arrive devant la scène tout juste pour entendre les derniers morceaux d’Anika. On a beaucoup parlé d’elle ces derniers temps, comme de la nouvelle Nico (ah oui ?), mais sa performance très froide, très distante m’a laissé de marbre. Je ne regrette pas vraiment d’avoir loupé le début, du coup.

Après la découverte de la galette saucisse arrive sur scène Sebadoh. Autant être franc, Sebadoh, je ne connaissais pas avant d’apprendre qu’ils étaient programmés à la Route du Rock. J’avais plutôt aimé ce que j’en avais entendu avant le concert et je garde un bon souvenir de leur prestation, même si ma crainte que le son soit trop fort était bien fondée. Le rock très puissant se marie bien néanmoins avec la douce voix de Lou Barlow. Alors que les morceaux chantés par Jason Loewenstein, à la voix beaucoup plus rêche, qui deviennent plus agressifs m’ont beaucoup moins plu.

Dans le genre reformation, j’attendais beaucoup plus d’Electrelane : même si je ne les connaissais pas très bien non plus avant l’annonce de leur retour, j’avais vraiment apprécié leurs albums et un peu d’impatience était née. Et puis, comme aucun nouvel album n’est encore prévu ou sorti, les filles ont pu piocher les meilleurs morceaux de leur répertoire et ainsi combler leur public, qui a été très réactif ! Il faut dire qu’elles sont douées, que ce soit pour envoyer à la batterie ou à la guitare ou pour lancer des « ahouuu » sur On Parade (voire des « wouhou » sur To The East) ! Leurs chansons sont toujours entraînantes et donnent envie de secouer la tête (et de faire « wouhouuu » nous aussi). Et pour ne rien gâcher, elles avaient l’air aussi contentes de jouer que nous de les écouter. Ce concert restera assurément comme l’un des tout meilleurs de cette édition 2011 et je me suis trouvé un nouveau groupe à aimer.

Contrairement à Electrelane justement, je suis loin d’être un grand fan de Mogwai. La première chose qui m’a gêné, encore une fois, fut le niveau sonore (non mais sérieusement, quelle utilité ?), mais même avec des bouchons dans les oreilles, j’ai eu du mal à apprécier leur performance. Forcément, après Electrelane, on a l’impression d’entendre des morceaux plats (pour ne pas dire chiants) et je n’ai pu résister qu’une petite demi-heure avant d’aller me réfugier au stand de galettes.

Je ne savais pas vraiment quoi attendre de Suuns, je redoutais même un peu le concert, mais les Canadiens ont su me séduire. Du rock expérimental certes, mais qui correspondait parfaitement à ce qu’on pouvait avoir envie d’écouter ce soir-là à une heure du mat’. Ils déroulent leur musique puissante et glacée sans toutefois aller dans l’excès noisy qui devient pénible. Bon moment !

Je passe très rapidement sur les deux sets de fin de soirée, Etienne Jaumet et Aphex Twin, définitivement pas amateur de musiques électroniques. Même les grands moyens d’Aphex Twin (projections et lasers qui auraient fait fuir n’importe quel épileptique), n’ont pas su me retenir et c’est après un dernier verre que je retrouve ma tente, pour me préparer à affronter la (dure) journée du lendemain.

 

  • Samedi

De passage dans Saint-Malo pour l’après-midi, je suis allé jeter une oreille à Turzi à la plage, même si j’imaginais bien que ça ne me plairait pas vraiment. Confirmation, et le crachin intermittent n’a pas aidé. Car oui, malheureusement la pluie s’est invitée le samedi et est même tombée sans s’arrêter sur le fort entre 19h et 1h30 le transformant en un immense champ de gadoue agrémenté de quelques piscines de boue.

Still Corners sont arrivés sur scène juste après que la pluie commence, encore au moment où on se dit « ça va s’arrêter, hein ! » (alors qu’en fait non), du coup on apprécie le concert des Londoniens sans être trop gênés. Bien que leur musique classe, intime et très éthérée avait sans doute plus sa place dans une petite salle plutôt que sur cette grande scène du fort de St-Père, ils s’en sont plutôt bien tirés. J’espère donc les revoir dans un cadre un peu plus approprié.

J’éviterai les nombreux jeux de mots de circonstance sur le groupe suivant, Low, pour me concentrer sur leur magnifique performance. Ils venaient présenter leur nouvel album, C’mon et ils l’ont fait parfaitement. Les pionniers (et maîtres) du slow-core déploient leur rock lent, ponctué d’envolées sonores venant de la guitare d’Alan Sparhawk ou de la batterie de Mimie Parker, comme pendant cette intro noisy avant d’entonner la sublime « Nothing But Heart ». Les chansons, déjà poignantes sur disque, prennent d’autant plus de force que nous les écoutons sous une pluie battante, concentrés sur les douces voix d’Alan et Mimie. Ils joueront les chansons les plus puissantes de leur répertoire, à savoir « Monkey », « Especially Me » ou « Try To Sleep » qui font indéniablement passer C’Mon de bon album à un des meilleurs de l’année.

Difficile après ça d’aborder la petite pop radiophonique de Cults. Pas que ce soit particulièrement éprouvant à écouter, au contraire, on se laisse facilement séduire par « Go Outside » ou « Abducted », mais l’ensemble manque incroyablement de relief. On a plus ou moins l’impression d’entendre la même chanson et la pluie qui continue de tomber sur nos épaules n’aide pas à faire passer ce sentiment de lassitude. Un peu trop choupi pour être honnête. En plus,  la demoiselle chante faux.

Du coup après, on relativise pour Blonde Redhead, pas forcément le concert que j’attendais le plus du festival mais une plutôt bonne surprise. Kazu Makino, toujours aussi fringante, même si « [elle] est très fatiguée » et malgré un dernier album pas forcément à la hauteur des précédents, a su nous emmener et nous faire danser. A noter que le groupe est largement revenu sur son album de 2004 pour effacer le souvenir d’un concert raccourci par un orage. Encore une chose, Amedeo Pace, le jumeau guitariste, a vraiment une belle voix et prend très bien le relais de Kazu.

Je passe très vite sur le concert des Kills, parce que c’était très pénible et puis que de toute façon, le public était plus là pour mater Alison Mosshart  que pour écouter. Du coup je suis parti assez rapidement (je vous jure, c’était très pénible). Mais bonne nouvelle, les Kills ont réussi à faire arrêter la pluie, bien leur en a pris.

Reste donc Battles pour clore la soirée. On se doutait que ce concert serait exceptionnel par la présence de Kazu Makino (qui chante sur leur dernier album) sur la même scène quelques heures auparavant, les programmateurs avaient même vendu la mèche dans l’après-midi sur twitter. Malgré sa fatigue, c’est donc la chanteuse de Blonde Redhead qui est venue lancer le concert de Battles, forcément bien parti. Et en plus des meilleurs titres du second album (« Futura », « Icecream »), le groupe nous servira également un « Atlas » de folie, un peu remanié après le départ du chanteur Tyondai Braxton. Une belle façon de clore la seconde journée de festival (avec l’impression que, malgré la pluie, plus de monde est resté jusqu’au bout ce samedi plutôt qu’avec Aphex Twin la veille) ! Une grosse journée nous attend le lendemain, avec le Palais du Grand Large l’après-midi !

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