Posted in mai 2011

You’ll be grown before that tree is tall

…Vivre… Je…veux…vivre…

Eh oui je reviens d’entre les morts et pour vous parler de films. Quel bon cru cinématographique que ce début d’année 2011 ! Je reviendrais sur trois films qui m’ont touchés, mais pas sur Midnight in Paris, non pas parce que je n’ai pas aimé, mais parce que nos amies de Tea en ont très bien parlé (et moi comme ça j’écris moins haha).

Je commence avec Tomboy, un film français de Céline Sciamma. Un film qui parle de l’identité, au travers de l’histoire de Laure, une jeune fille qui se trouve à l’âge où il suffit d’avoir les cheveux courts pour ressembler à un garçon. Et justement, ça l’arrange bien de pouvoir se renommer Mickaël, lorsqu’il/elle se présente aux enfants de son nouvel immeuble. Céline Sciamma nous livre ici, avec beaucoup de justesse, un film tout en légèreté et simplicité, sur un problème qui lui ne l’est pas. Mention spéciale pour la petite fille qui joue la soeur de Laure/Mickaël et qui a un talent comique de dingue. Mais d’ailleurs, tous les jeunes acteurs sont très bons, pourtant les films « d’enfants » peuvent soulever des inquiétudes quant à la qualité du jeu, ici il n’en est rien. Il semblerait même parfois qu’ils oublient la caméra (dans les scènes de jeux notamment), ce qui rajoute une réelle fraîcheur  à l’ensemble (oui je parle bien d’un film et non d’un tic-tac). Et il va sans dire que Zoé Héran (Laure) est excellente.

Deuxième film, La Ballade de l’impossible(Tran Anh Hung), ou ZE film à aller voir. Oubliez les Black Swan et autres Discours d’un Roi, le film de l’année il est là. Ou peut-être que je m’emballe un peu, tout simplement parce qu’il a rejoint la liste très courte des films que j’aurais aimé réaliser, je ne sais pas. Premièrement, c’est une adaptation d’une nouvelle de Murakami. Déjà là, ça devrait vous arracher de votre canapé pour vous coller aux sièges du cinéma le plus proche. En tout cas c’est ce qui m’a d’abord poussé à aller le voir, sans avoir pourtant lu la fameuse nouvelle au préalable, juste parce que chaque livre est un délice. Ensuite c’est un film qui parle d’amour. Qui parle de Wanatabe, un jeune japonais qui, face à la mort, la dépression, la révolte, la tristesse, décide de vivre, de grandir et d’aimer autant qu’il le peut et peut-être même plus encore. Le tout filmé avec une douceur et une beauté extrême, dans un Japon aux paysages fragiles et puissants tout à la fois et toujours saisissants. Je parle malheureusement très difficilement des films que j’ai aimés et qui m’ont donnés des émotions fortes, mais j’espère que j’aurais éveillé en vous l’envie d’aller voir ce chef d’œuvre, car c’est bien à un chef d’œuvre qu’on a affaire.

Et pour finir, vous l’aurez peut-être deviné grâce au titre, je suis allée voir le fameux film de Terrence Malick, The Tree of Life. Pour ceux qui ne le savent pas encore, il vient de recevoir la Palme d’Or. Alors je suis d’accord, ça ne veux pas dire que vous allez l’apprécier, cependant j’ai trouvé ça très justifié. Quel film étrange et déroutant. A ne pas voir si vous êtes fatigué (expérience vécue, c’est très frustrant je vous assure de vous endormir à moitié devant un film que vous trouvez sublime). L’histoire (s’il y en a vraiment une) se divise en deux partie : d’abord la vie d’un famille américaine et ses joies/peines/conflits même, et puis tout simplement, seconde partie, la Vie. Une succession d’images sur grande musique, célébrant et questionnant la nature, la beauté, Dieu et la vie, dans tous ces états, du microscopique au macroscopique, comme une sorte de poème visuel. Ces deux ensembles s’imbriquent l’un dans l’autre dans une chronologie qui ne suit pas de logique particulière. Finalement on aura très peu de Brad Pitt, Sean Penn et Jessica Chastain, mais ce peu est d’une très grande qualité.

Peut-être que ce film en rebutera beaucoup, notamment les plus athées d’entre vous (c’est une supposition hein, j’ai peut-être tort). Pour moi c’est une envolée cinématographique, qui vous fait oublier plus d’une fois qu’on se trouve dans une salle de cinéma. Chaque lumière, chaque plan démontre d’un travail de l’image remarquable. Si vous voulez quelque chose de singulier et de novateur, il est temps d’aller voir The Tree of Life.

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I’m so sick and tired of the way that I feel

Je fantasme la Californie.

Elle est seule et a le sang sec et sali par le sable. Des cheveux cradingues, un skateboard et un trop-plein de soleil. Le fameux soleil californien. Celui que tu t’imagines au mois de Novembre, prêt à réchauffer ton coeur glacé.

Les gens de là-bas ont toujours eux l’air d’être cool. Leur attaché de presse doit être sacrément doué pour ça. Comme si le simple fait de dire « je viens de San Francisco » suffisait pour te classer comme un bout de la légende des cheveux longs et sales de hippies, des longues plages, des parcs dégueulassés de part et d’autre par des gros buildings, là pour te rappeler que cet îlot fantaisiste fait bien encore partie des États-Unis, des maisons au simple étage bordés de trottoirs déglingués, d’une culture alternative persistante dans ce pays du surf rock et des tongs. Des mecs déguisés en filles et inversement. La blague du consumérisme poussée à l’absurde pour la rendre explicite. C’est comme ça que j’ai toujours vu la Californie.

Les clichés véhiculés par la télévision, le cinéma ou les livres étant devenus ma réalité à défaut d’y avoir jamais mis les pieds. Bizarrement, Hollywood et toutes ces conneries ça m’a jamais fait rêvé. Je préfère penser, d’une manière purement romantique, que le soleil a fini par cramer les cerveaux habitant dans la région. Alors ouais, j’ai sûrement trop du lire Kerouac, Steinbeck ou Bret Easton Ellis, ça serait tricher si je n’avouais pas.

On a pris cette méchante habitude de croire que trop de soleil rendait débile. Et de penser que tous les Californiens passaient leur adolescence soit dans leur garage à faire de la musique douteuse avec leurs copains en buvant leurs premières bières et fumant leurs premiers joints – ce qui a donné cette horreur musicale qu’on nomme le punk californien qui, si on a plus le cerveau d’un gamin de 12 ans, tape aussi rapidement sur les nerfs qu’eux sur leurs batteries – soit dans un skatepark à se balader torse-poil.

Et oui, c’est complètement utopique de voir la Californie comme un pays digne de Mon Petit Poney, tout d’arc-en-ciel, de filles en bikini et aux gros seins, comme Katy Perry tente de nous faire avaler, tout autant qu’un endroit qui alterne entre les prostituées, la drogue mexicaine et les flics tarés. Ah, pourquoi parler de tout ça? Parce que les mecs qui m’intéressent en ce moment, jusqu’à en friser l’obsession, sont tous des produits d’une certaine sous-culture californienne et que je ne peux m’empêcher de les rattacher à cette vision fantasmée de la West Coast. Du genre y’a de la drogue partout, des filles à poil et plein de thunes, mais pas au bon endroit, le tout en grande quantité.

Mais note qu’il existe encore des personnes qui continuent de véhiculer cette image dans ma tête. Alors qu’on reproche sans arrêt aux Américains leur vilain puritanisme, ils savent en tirer partie, et oserais-je même dire le retourner à leur avantage, surtout en Californie. Quelquefois. En montrant obstinément leur majeur au système capitaliste qui les a élevé. Comme si à cause du passé hippie et blablablabullshit, la côte ouest était devenue un repaire de gens cools, prêts à faire ce qu’ils veulent, un peu malades dans leur têtes, certainement bizarres mais foutrement attachants.

C’est pourquoi j’ai essayé de rendre compte de ces gens, qui alimentent tout autant le rêve d’évasion que le rejet de toute conformité d’un adolescent lambda de manière certainement incomplète, partiellement erronée, et parfaitement subjective.

Partie 1: La coolitude américaine incongrue de la côte ouest destroy et des California GIRLS masculines.

On pourrait se limiter à penser Christopher Owens et Chet ‘JR’ White comme des gros losers toujours totalement défoncés aux cachetons pas chers. Mais ça serait affreusement réducteur même si en partie vrai. Il s’avère que Christopher Owens a réussi à bâtir un monde délicieusement étranger, de la naïveté confondante d’un enfant. Des histoires d’amours et d’amitiés distillées à travers un regard qui ne s’embarrasse pas de clichés superflus pour dire ce qu’il a sur le coeur, sans honte de ce qu’il vit. La raison la plus commune et évidente pour appuyer cette idée serait de mettre en avant l’enfance un brin particulière de Christopher Owens, privé, au sein d’une secte un peu maboule, de tout contact avec la pop-culture. Une fascination suffisante pour cette dernière suffira à Owens pour plier bagage et à gagner son billet d’avion, aller-simple, pour l’Amérique, en jouant de la musique dans la rue (si vous voulez plus de détail sur cette période un peu bizarre je vous conseille d’aller lire ceci).

San Francisco est ce genre d’endroit où les gens n’ont rien d’autre à faire que nourrir nos propres fantasmes, et pour véritablement prouver à leur cercle d’amis qu’ils ne sont pas que des losers, et leur montrer de quoi ils sont capables, Christopher Owens et Chet ‘JR’ White – le premier compose, le second produit, en gros – sortent en 2009 un Album. D’après le propre aveux de Chistopher Owens, s’ils avaient disposé de musiciens supplémentaires et de moyens financiers plus élevés, celui-ci aurait ressemblé à un Pet Sounds des temps modernes. Toujours, donc, en filigrane cette fascination pour une musique que seule la côte ouest a été capable de produire. Sauf qu’à la place de tout ça, ils enregistrent sur du matos à moitié cassé, se font régulièrement virer de leurs salles de répet parce que jugés un peu weirdo – même pour San Francisco – par des collègues. Et forcément, ça se sent. Mais il est difficile d’imaginer quelque chose de plus séduisant que l’idée selon laquelle Girls jouerait dans ton salon.

Des histoires sur les filles, directement tirées de l’expérience personnelle de Christopher Owens, qui à travers ses paroles produisent le même effet que les paroles de Jason Pierce. Les deux hommes parlent de choses basiques, dans un format qui l’est tout autant, sans paraître pathétique mais justes et sincères. Certains trouveront certainement quelque chose à redire sur leur naïveté, mais je cherche encore en quoi ça pourrait être un frein quelconque pour apprécier ce groupe, véritable carrefour des meilleurs groupes de pop. La symbiose parfaite. Le mec semble avoir absorbé toute la pop-culture moderne, à vitesse MTV, sans jamais donner l’impression de friser l’indigestion, en repoussant les frontières du bon goût imposées arbitrairement – ouais, pourquoi n’aurait-il pas le droit d’aimer Miley Cyrus tout en idolâtrant Lawrence après tout ? Des pop songs évidentes et immédiates, prêtes à toucher tout un chacun, illustrant une sorte de vie de bohème californienne – fait qu’il partage avec des amis sur lesquels on reviendra ultérieurement – vérifiant ce cliché de la drogue pas chère, de filles et de musique pop. À travers des rideaux pastels.

Christopher Owens est un garçon à part.

À venir: Partie 2: La rencontre au sommet de parcours étroitement liés, HOLY SHIT.

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Midwestern existential folk fuzz art

Je vous épargne le paragraphe désormais traditionnel où j’essaye tant bien que mal de continuer de démontrer à quel point Kütu Folk Records c’est tout simplement magique. Preuve supplémentaire apportée lors du dernier Lündi Kütu Folk, en compagnie de Zak Laughed, d’Hospital Ships et de St. Augustine. Beau et touchant comme à leur habitude, mais jamais, au grand jamais, lassant – 3ème fois depuis novembre que je vois St. Augustine en concert, toujours aussi bouleversant. L’occasion était trop belle pour qu’on ne profite pas de la venue des Américains d’Hospital Ships pour la première fois en terre française pour poser quelques questions à Jordan Geiger suite à la sortie de leur excellent deuxième album Lonely Twin, et parler frometon, évidemment.

Comment s’est déroulée cette tournée?

Super bien ! C’est vraiment bien de pouvoir jouer devant des personnes dont on a vraiment l’impression que ça leur plait. Tout le monde écoute et est assez attentif. C’est pas comme aux États-Unis où personne n’écoute vraiment. C’est vraiment très excitant de jouer dans de nouvelles conditions dans des villes différentes. Les gens ont vraiment été super sympa, et la nourriture y est merveilleuse. Surtout le fromage.

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De quel oeil vois-tu les choses qui se passent chez Kütu Folk?

J’ai l’impression que c’est une montée en puissance progressive qu’il est facile de considérer comme acquise mais qui représente vraiment beaucoup de travail. Et c’est vraiment admirable ce qu’ils font. Le nouvel album de Zak Laughed est merveilleux et l’EP de St. Augustine est vraiment bon, surtout avec ces pochettes individuelles et uniques… Je sais que ce n’est pas vraiment mon rôle de dire ça mais j’ai l’impression que la France peut être fière de Kütu Folk. Je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles on s’y sent bien.

D’ailleurs comment ça se fait qu’on vous retrouve sur un label qui est basé à Clermont-Ferrand alors que vous venez du Kansas ?

À l’époque, les gens de Kütu Folk étaient en train de regrouper différentes choses de la part de leurs artistes pour un livre et ils me connaissaient de mon ancien projet Minus Story. Ils m’ont tout simplement contacté en disant « nous sommes fans de ton travail, on est en train de créer ce projet où on donne l’opportunité aux artistes de disposer d’une page de papier sur laquelle ils peuvent imprimer des dessins, des paroles ou répondre à des questions que les gens ne leur posent pas habituellement ». J’ai donc réalisé un dessin pour eux et leur ai parlé de mon nouveau projet qu’était Hospital Ships et de l’album Oh Ramona, sorti aux États-Unis. Ils ont bien aimé ce nouveau travail et je les ai rencontré alors que j’étais en tournée avec Shearwater. Ils sont venus au concert et m’ont donné leurs disques avec les pochettes cousues.

À ce moment, est-ce que tu étais à la recherche d’un moyen de sortir ton album à l’étranger?

J’ai toujours voulu le faire, mais les licences pour les groupes américains sont assez limitées et je ne sais pas vraiment comment trouver des petits labels, parce que nous sommes un petit groupe. Je ne sais pas vraiment où chercher, à part si on a des amis qui font partie d’un de ces labels ou ce genre de chose. Je n’étais pas en recherche active parce que chercher ça sur internet prend trop de temps. Ce genre de réseau sur internet ça me déprime, je préfère être dehors à profiter du beau temps.

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Est-ce que c’est difficile de faire de la musique aux États-Unis quand on vient du Midwest?

Quand tu viens du Midwest tu n’as pas une image cool comme si tu mettais sur ton dossier de presse que tu vis à Brooklyn. Mais moi je m’en fous, je viens du Midwest et c’est une chose dont je veux être fier. C’est un peu comme Clermont-Ferrand, qui est vraiment une ville magnifique dans laquelle on adorerait vivre, mais ce sont les personnes qui sont à Paris qui décident de ce qui est branché ou pas. Ces personnes qui décident ne savent pas ce que la musique est. La musique c’est juste de la musique. La bonne nouvelle c’est que si tu fais un concert, qu’il y a un tas de gens alors c’est un succès. S’il n’y a personne, c’est pas cool mais qui en a quelque chose à faire ? Je préfèrerais plutôt jouer à même la rue comme cette après-midi, il n’y a vraiment rien de mal à ça.

C’est quelque chose de bizarre la hype, je me souviens d’une interview de Ian MacKaye de Fugazi où il racontait que lorsqu’ils avaient commencé à faire du punk rock et du DIY dans les États-Unis des années 80 ils n’essayaient pas de créer quelque chose de différent mais juste de créer quelque chose. Il avait fait une analogie très intéressante à ce propos, en parlant de la ligue nationale de baseball qui ne possède pas le baseball et qui n’a rien à te dire si tu sors en faire avec tes amis. De la même manière les majors et les journalistes branchouilles ne possèdent pas la musique. C’est une vision très superficielle de ce que c’est. D’ailleurs tout le monde, quel qu’il soit devrait en faire. Je suis un grand fan de la mauvaise musique, des douchebags en train de massacrer leurs guitares accoustiques…

Vivre au Kansas influence-t-il ta façon de composer ?

J’en suis persuadé. On a grandi dans une petite ville pourrie dans le Missouri où les vieux jouaient du folk. Les gens là-bas aiment vraiment ça et ça m’a bien pris 20 ans avant d’apprendre à l’apprécier de nouveau, parce que gamin, tout ce que je pouvais écouter c’était du folk. Le banjo et tout ça n’a strictement rien d’exotique et j’étais du genre « fuck that, je veux jouer de la guitare, faire des bruits bizarres et tout ça ». Quand tu grandis avec ce genre de chose tu as tendance à t’en éloigner en grandissant pour finalement y revenir plus tard en l’appréciant. Je suis sûr qu’il y a plein de choses très françaises que tu apprends et dont tu te détaches, puis une fois que tu as un peu vieilli que tu commences à apprécier. On vient d’un endroit typique du Midwest où vivent 7000 personnes. On vivait dans un village et maintenant on est dans des villes universitaires où viennent vivre tous les artistes, les gays ou les mecs qui veulent se droguer. On vient d’un milieu très conservateur d’un point de vue politique…

Comment se porte la scène locale à Lawrence à ce propos ?

C’est génial, il y a plein de bons groupes mais les gens aux États-Unis au delà des 2-3 États environnants ne les connaissent pas. Ce qui était bien grâce à l’article qu’on a eu sur NPR c’est qu’il mettait en lumière le fait qu’il existe des groupes là-bas. Et ça me ferait vraiment plaisir de jouer un rôle d’ambassadeur si je pouvais. Si jamais je deviens super connu je vous promets que vous entendrez parler de tous les groupes de Lawrence. Les plus connus sont Cowboy Indian Bear et il y a aussi ce groupe de folk génial qui s’appelle Drakkaz Sauna. Il y en a d’autres comme ça, War Bonnet !, Müscle Wörship, ou encore Rooftop Vigilantes.

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Comment écris-tu tes chansons en général ?

Je suis arrivé à un point où je ne suis plus anxieux quand il s’agit d’écrire des chansons, du genre « oh mon dieu ça fait vraiment longtemps que je n’ai rien composé, je vais m’assoir et tenter de sortir quelque chose ». Maintenant je suis plus du genre à m’assoir avec mon instrument et à laisser faire les choses. Chaque instrument possède son lot de chansons, tout comme chaque guitare est différente d’une autre et tu en tires forcément quelque chose de différent. Par exemple la dernière fois, chez François de St. Augustine, je jouais de son piano quand j’ai trouvé ces supers accords, en essayant de m’en rappeler. Quand je rentre chez moi j’aime bien écrire das mon carnet, prendre une heure pour me poser et ne rien faire d’autre que ça. En ce moment j’écoute beaucoup le nouvel album de James Blake et je pense que ça va influencer sur mes prochaines compositions d’une manière ou d’une autre. Je trouve que ce qu’il fait est très minimaliste, batterie et voix, un peu comme dans les chansons que je vais écrire. Sinon on écoute beaucoup de pop des années 60 comme les Zombies, les Beach Boys ou les Beatles. On aime beaucoup John Cale aussi. Enfin si je devais définir ce que je fais je dirais que c’est du « midwestern existential folk fuzz art ». De l’ « happy death pop ».

À propos de Lonely Twin, on a l’impression que c’est un album beaucoup plus homogène que son prédécesseur.

Absolument. Oh Ramona était sûrement plus homogène par la manière dont on l’a enregistré mais je pense que pour Lonely Twin c’était beaucoup plus intentionnel. C’était beaucoup plus intentionnel par le choix de chansons que j’ai choisi d’enregistrer. Il y a plein de personnes différentes qui ont joué sur cet album mais je pense que John Congleton, celui qui a mixé Lonely Twin a joué un rôle important dans cette démarche. C’est un peu le membre secret d’Hospital Ships et son nom apparaît en évidence sur l’album parce que lui et moi étions les personnes présentes du début à la fin. Il me connaît très bien et on s’inspire mutuellement. Par exemple il arrivait que j’arrive avec une guitare fuzz et il était du genre à me dire d’en enregistrer une deuxième comme ça, et moi je renchérissais jusqu’à ce qu’on se retrouve avec quelque chose comme 5 guitares sur la même chanson.

Tu peux nous en dire plus à propos de la pochette ultra-complexe de Lonely Twin ?

En fait ce n’est pas moi qui l’ai faite mais un ami proche. On est tous les deux intéressés par la science héraldique, les blasons, et donc l’idée était de faire une sorte de blason un peu bizarre avec des couleurs qui le soient tout autant. J’ai passé une année et demie à faire Lonely Twin et tous les éléments présents sur la pochette viennent d’images ou de vidéos que j’ai faites pendant cette période. À l’arrière c’est une image que j’ai prise alors que je conduisais de Lawrence à Austin pour rejoindre Shearwater. Il y a aussi cette sainte qui en fait provient d’une carte postale qu’on m’avait donnée en tournée, qui doit être une sainte locale ou quelque chose dans ce goût là. Les autres images ont été prises lors d’un voyage en Équateur que j’avais fait, avec une statue qui me ressemble un peu et des crânes d’indiens d’Amérique du Sud, qui mettent des anneaux autour de leurs têtes afin de les allonger. Mais l’idée principale était de réaliser notre propre blason à partir des choses que j’ai vécues.

Pour finir, on sait que tu es membre de Shearwater peux-tu nous dire comment es-tu impliqué dans ce projet?

À l’origine, après que l’album Rook soit sorti, les membres de Shearwater avaient de l’argent pour pouvoir tourner avec plusieurs autres membres dans le groupe. J’avais déjà tourné avec Minus Story en leur compagnie et ils m’ont donc demandé de jouer en tant que cinquième membre du groupe, juste sur cette tournée. On nous a aussi demandé de tourner avec Coldplay, ce qui était à la fois un peu bizarre et génial. En ce moment, nous sommes un peu en pause, Thor joue avec The Swans et Jonathan est en train d’écrire de nouvelles chansons, de faire des démos, ce genre de chose. Je ne sais pas si je rejouerais avec eux parce que c’est principalement le projet de Jonathan dans lequel Thor et Kimberly sont toujours présents. S’il me le demande ça sera avec plaisir et dans le cas contraire il n’y aura pas vraiment de souci. Mais les nouvelles démos que j’ai pu écouter sont absolument fantastiques et Jonathan est vraiment un grand artiste et compositeur.

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