Posted in décembre 2010

Rest Now, Weary Head…

Je n’y croyais plus vraiment. Après un concert de Foals pas très convaincant, comme nous l’a raconté fakehorse, et un concert bien décevant d’Emily Jane White la veille, je me rendais à la Coopérative de Mai pour voir Get Well Soon, un peu sceptique.  J’avais plusieurs craintes: je m’attendais à un groupe techniquement au point mais froid, trop soigné, j’avais peur d’une certaine grandiloquence, sans émotion. Et puis ce deuxième album, Vexations, est loin d’être parfait, il y a de très bonnes chansons, mais d’autres un peu plus poussives…

Pour commencer, David Lemaitre, un Bolivien basé à Berlin,  qui chante en anglais, avec beaucoup de wou-hou-hou. Et ce n’est pas forcément très original, mais agréable, alors pour une première partie, on s’en contentera. S’installent ensuite les six musiciens (parfois accompagnés du violoncelliste de David Lemaitre) de Get Well Soon qui lancent le concert en douceur avec We Are Safe Inside While They Burn Down Our House (vive les titres à rallonge…) et lâchent ensuite les chevaux sur Seneca’s Silence, un des meilleurs morceaux de Vexations. C’est comme ça qu’on aime les entendre, quand batterie, trompette, violon et les différents claviers et xylophone viennent soutenir Konstantin Gropper dans ces moment de puissance.

Les échanges avec le public se feront en Français pour la grande majorité et cela participera sûrement à augmenter le potentiel sympathique d’un groupe déjà le sourire aux lèvres. Si quelques morceaux dans le milieu du concert sont plutôt chiants, n’ayons pas peur des mots, ce n’est que pour mieux exploser sur les chansons appropriées, We Are Free, 5 Steps / 7 Swords ou We Are Ghosts, nous aurons même droit à Listen! Those lost at sea sing a song on Christmas day, issue de l’excellent EP Songs Against The Glaciation. Mais tout ça, c’était sans compter la fin « officielle » du set, un concentré d’intensité, de puissance et d’émotion. Angry Young Man d’abord et surtout I Sold My Hands For Food So Please Feed Me, passée inaperçue sur CD, elle prend aux tripes en live. La recette est facile, un crescendo, des chœurs, une batterie, mais diaboliquement efficace. Après ça, j’étais prêt à enchaîner tous les morceaux chiants de leur répertoire tellement c’était beau; malheureusement, c’est le moment qu’ils ont choisi pour quitter la scène.

Ils reviendront bien vite nous jouer justement Red Nose Day, dont je n’ai pas plus de souvenirs qu’un moment de plénitude suivant logiquement ce si grand morceau. Vient alors l’heure de If This Hat Is Missing I Have Gone Hunting, excellent titre un peu gâché par les chœurs aigus des membres masculins du groupe. Et Konstantin nous demande de ne pas nous moquer de lui pendant sa prochaine chanson, qu’il va interpréter en Français avec sa sœur, la violoniste du groupe. C’est donc La chanson d’Hélène, reprise de Romy Schneider un peu anecdotique, qui clôturera ce rappel. Et pour une fois, la convention du rappel obligatoire, qui devient lassante, sera un peu brisée puisque le groupe, visiblement très heureux d’être là, reviendra une deuxième fois pour jouer une autre chanson toute en puissance, Dear Tempest-Tossed! Dear Weakened!, avec très peu de paroles, elle aussi tirée de l’EP.

Je ne m’y attendais pas, mais c’est donc très logiquement que ce concert vient s’imposer comme un des très grands moments de l’automne à Clermont-Ferrand, à l’instar de celui de Beach House quelques semaines plus tôt. Si vous les avez ratés, vous pouvez toujours télécharger une partie de leur concert à Dortmund, qu’ils mettent à disposition en téléchargement libre sur leur site.

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