Posted in avril 2010

I will fight for the right to live in freedom

Et dire qu’on a failli ne pas le voir. Parce que la première fois on n’avait finalement pas eu le temps, et parce que cette fois-ci on s’était trompé d’heure. Mais finalement, puisqu’un quart de retard ce n’est pas si embêtant, on est entré dans la salle de cinéma en silence, pour ne déranger personne. Le synopsis en tête, il n’était pas si difficile de rattraper le bout manquant. Et c’est ainsi qu’on s’est plongé dans Liberté, un film de Tony Gatlif. Si jusqu’à présent certaines personnes pouvait avoir tendance à croire que le génocide de la deuxième guerre n’avait affecté que les juifs, ici on nous rappelle que non, qu’il y a aussi tout les autres. Et dans tout les autres il y a en particulier les tsiganes. Et c’est au son des violons et des guitares que l’on plonge dans l’univers d’une famille de bohémiens, forcée, par sécurité, de séjourner dans un village de la zone occupée. Son maire n’est autre que Marc Lavoine, à qui je conseille vivement d’arrêter la musique pour ne faire que du cinéma, car on lui découvre ici, ou du moins je lui découvre, une sincérité et un charisme que je n’avait jamais vu chez lui jusqu’à présent. On rentre dans un monde tout à fait nouveau, pour nous pauvres gadjos, où la solidarité, la pauvreté, l’amour des chevaux, les esprits et surtout la Liberté sont omniprésents. Pour nous accompagner, le tandem Tony Gatlif et Julien Hirsch (directeur de la photographie), qui nous livrent des images grandioses, d’une beauté à couper le souffle (je n’ai pas peur d’être excessive quand cela est nécessaire). Et, par dessus tout, il faut, oui je dis bien il faut, saluer la performance de James Thiérrée, seul « intrus » dans cette famille où tous les acteurs sont de véritables tsiganes. Son personnage, c’est Taloche, un amoureux de la nature, un fou plutôt, de l’air libre, de la forêt. Aussi naïf qu’un enfant, bien qu’âgé de 30 ans. Jamais auparavant un acteur ne m’avais autant convaincu dans son jeu, et rien que pour ces moments magiques, où on le voit se livrer à la terre, se remettre entièrement à la nature, sans qu’à un seul moment on puisse douter de sa sincérité, vous devez voir ce film. Bien sur, j’oublie encore de vous parler d’un millions de choses, du rôle de Marie-Josée Croze, des grands arbres qui se balancent, de l’eau qu’il faut libérer, des regards, des images poignantes du camp d’emprisonnement, du violon joué aux poules, des chants, de P’tit Claude, des chevaux, de tous ces éléments qui, comme moi, vous feront acheter ce film, parce que, admettez le, qui se priverait volontairement d’un chef d’œuvre ?
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No mercy shown

La moitié du Kiwi étant actuellement au Printemps de Bourges -pas d’insultes merci de votre compréhension- je vais me charger de vous faire attendre leur retour et vous parler comme une grosse égoïste de ma chanson préférée.

Alors voilà ça fait toujours un peu débile de mettre en avant une unique chanson, de la placer au dessus de tout parce que « aucune chanson ressemble à une autre donc c’est totalement absurde » et je ne sais quoi de gnagnagna d’autre. Mais Ceremony de Joy Division/New Order répond à tous les critères d’une chanson extraodinaire. Le genre de truc dont tu te lasses jamais où lorsqu’une reprise apparaît sur le net, tu t’insurges et redoutes d’appuyer sur « play » redoutant la catastrophe auditive. Donc Ceremony à l’origine c’est une chanson de Joy Division écrite par feu Ian Curtis, mais seulement trois versions crades existent. Une sur Still qui doit dater d’avril-mai 1980 -j’ai pas la version remasterisée peut être que c’est moins pourri sur cette dernière- enregistrée pendant leur dernier concert, 16 jours avant le suicide de Ian Curtis au High Hall à Birmingham -le concert hein, pas le suicide de Ian Curtis, lui il a préféré l’intimité de sa cuisine- le 2 mai 1980. L’autre est disponible sur l’Heart And Soul Box n’est ni plus ni moins qu’une démo. Enfin la dernière est à trouver en bootleg car correspond aux balances du concert de Birmingham.

Le problème c’est que rien n’est abouti et les voix sont plus ou moins inaudibles. Il n’en reste pas moins qu’elle est parfaitement magnifique -bonjour j’aime utiliser des superlatifs à tout va. Donc New Order l’a logiquement reprise et l’a sortie en single en mars 1981. Deux fois même, celle de mars 1981 correpondant au single et celle de septembre -une version réenregistrée en fait- a été utilisée pour vous faire acheter des Best Of avant d’être mises sur les fameuses compilations de groupes reconnus, les Singles -je crache pas dessus pour autant, certaines sont très potables pour accrocher à un groupe, celle de Suede par exemple. Les deux versions sont malgré tout assez différentes. Ma préférence va à la première beaucoup plus proche à mes yeux de ce que Joy Division aurait pu en faire. Needless to say que c’est une réussite, même si la voix de Ian Curtis manque atrocément. Cependant les guitares sont parfaites, la batterie simpliste est fantastique, rien à redire. La chanson sera même plus tard utilisée par Sofia Coppola dans Marie Antoinette -une des meilleures BO, déjà les Strokes et Gang Of Four c’est beau, mettre Ceremony encore plus.

Et puis, comme New Order ils sont coules, que tous les gens coules les aiment, ils sont nécessairement passés eux aussi par la case reprise. Ceremony n’a donc pas échappé à la règle. Et il y a du bon comme du tragique. La plus belle version reste celle des Galaxie 500, privilégiez par ailleurs la version studio -sur le génial On Fire- à celle live un peu dégueu mais qui reste haut la main dans le domaine du potable. De toute façon Galaxie 500 c’est un peu la vie. Nettement mieux donc que la plus connue qui est de Radiohead. Chiante à souhait dès que Thom Yorke se met à l’ouvrir. Ils seraient restés dans de l’instrumental ça aurait été parfait même si elle reste d’une qualité tout à fait satisfaisante, je dois bien l’admettre. Après je viens de découvrir que les Morning Benders qui ont sorti un album très récemment que je vous recommande chaudement, Big Echo, en avaient fait quelque chose de pas mal. Dans le genre étrange il reste celle de Xiu Xiu ou l’atroce reprise des Echoing Green qui ont transformé cette petite merveille en techno élastique qui colle à la chaussure. Détestable au possible. Pour fermer le tout, la version de Fall On Your Sword a été utilisé pour une pub de vodka.

Fin de la déchéance. Je n’ai pas réussi à mettre la main sur la version complète mais ça va, ils ont pas l’air de lui avoir fait trop de mal.

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« Un bel accident »

Le Kiwi a rencontré Mélanie Valera, unique membre de Tender Forever lors de son passage avec Les Femmes s’en mêlent à Bordeaux. On retiendra sa performance à Tatry, la meilleure de la soirée, devant un public complètement conquis par son humour, sa décontraction et bien évidemment sa musique. A noter aussi que la jeune femme met tellement à l’aise ses interlocuteurs, que l’on remarque après quelques minutes d’interview que l’on est passé du vouvoiement au tutoiement sans vraiment s’en rendre compte.

(En étroite collaboration avec l’équipe du tea-zine)

Vous êtes de Bordeaux, ça vous fait quoi de jouer ici?

Ça fait toujours plaisir parce que c’est là que j’ai commencé et il y a toujours des amis qui viennent. Et c’est tellement rare quand t’es entourée, d’avoir des amis, des gens qu’on connait. Souvent on connait personne. Donc ça, ça fait plaisir et voilà, je suis contente, j’espère qu’il va y avoir du monde et que ça va bien se passer et que tout le monde va s’amuser.

Que pensez-vous de la scène culturelle à Bordeaux?

Après avoir été dans pas mal d’endroits en France, je pense que c’est l’un des rares endroits intéressants. Je pense que si je devais être forcée d’habiter en France, j’habiterais à Bordeaux parce qu’on est pas loin de Paris, on est pas loin de la mer, et moi j’aime bien la mer! Et en plus c’est super, super beau. La culture à Bordeaux elle est vraiment géniale, y’a plein plein plein plein de choses (!!!) même s’il n’y a pas assez de salles je trouve, y’en a pas assez pour le nombre de choses qui s’y passent, malheureusement. Donc ça j’espère que ça va se rétablir vite fait, parce qu’on m’a dit que plein de salles avaient fermé ces deux dernières années. C’est dommage, ça fait mal au coeur. Mais j’entends toujours parler de nouvelles choses, je suis très bonne copine avec Martial de Total Heaven (disquaire indépendant de Bordeaux, ndlr) donc il me raconte toujours toutes les nouvelles choses, tous les nouveaux groupes et j’espère que ça continuera parce que c’est pas le cas dans toutes les autres villes en France (y compris Clermont. ndlr).

Comment est-ce que vous vous organisez pour enregistrer un album? Vous utilisez surtout votre macbook?

Sur celui-là, j’ai utilisé deux ordinateurs, mais on a aussi loué du matériel, enfin y’avait plein plein de choses. On s’est pas trop organisés parce que j’avais enregistré mon album en studio, mais j’ai tout perdu et donc j’ai du tout réenregistrer avec les moyens du bord. Mais on s’est pas trop organisés du coup, je m’asseyais, j’écrivais un morceau, on co-arrangeait, on co-produisait, on mixait tout en même temps… On avait à peu près 20 jours pour tout faire, c’était vraiment du sport mais c’était aussi vraiment chouette, c’était un bel accident.

Vous prenez donc ça comme un mal pour un bien?

Je pense que c’est… parfait!

Pourquoi ne pas chanter en français?

Parce que je pense que la langue française est trop belle pour moi. Il y a tellement de mots qui sont très difficiles à manipuler, j’écoute beaucoup Dominique A, j’adore Matthieu Boogaerts, ils s’en servent tellement bien. J’ai l’impression que si on chante en français, soit on fait de la poésie, soit on fait du hip hop, soit on fait de l’électro putassier. Après c’est de l’ordre de mon ressenti, de ma culture, c’est toujours par rapport à ce que j’ai écouté, par exemple Serge Gainsbourg quand j’étais petite et c’était la seule chose. Le reste… Et en plus je pense que j’ai une facilité pour l’anglais, c’est une culture qui m’a toujours attirée. Mine de rien, ça fait 5 ans que je suis partie, je m’y sens bien dans cette langue, je pense que ça fait partie de moi.

D’ailleurs, pourquoi être partie aux Etats-Unis ?

Parce que la France me faisait profondément chier. Même si je l’aime pour plein plein plein d’autres choses, j’ai besoin de danger, j’ai besoin de gens qui me challengent, et ici je trouve pas de nanas qui soient plus grandes gueules que moi, et si y’en a, c’est trop rare. J’ai besoin d’être entourée de gens qui ont la niaque et qui ont envie de faire plein de choses dans l’art, dans la musique. Et là-bas c’est beaucoup plus important. Y’a tellement de filles qui font des choses, c’est inconcevable. Et de revenir ici c’est presque un choc. Mais c’est vraiment dommage, et j’espère que moi, et d’autres gens inspireront d’autres nanas pour faire plein de choses. On a vraiment besoin de se bouger, il y a de la place pour faire tellement de choses! J’aimerais bien aussi que les gens ne fassent pas de l’enfermement dans le statut d’intermittent, c’est précaire et ça n’incite pas au challenge et à l’initiative. Mais, ça c’est mon point de vue!

Vous trouvez pas ça un peu dommage qu’on ait besoin de faire des festivals comme LFSM pour justement mettre les femmes en valeur?

Je trouve ça tellement dommage et en même temps tellement important. C’est ça le problème, on n’a pas ça ici, ou bien très peu. Une nana à Nantes avait organisé 2 ou 3 choses, il y a quand même des gens qui essaient de se bouger, des assos comme Wonderground, et des groupes que j’aime beaucoup aussi. Je trouve pas ça dommage, je pense que c’est essentiel. Mais je regrette que ça s’appelle Les femmes s’en mêlent peut-être. Moi ça fait bien longtemps que je m’en mêle et je pense que c’est le cas de pas mal de monde ce soir, par exemple Jessie Evans, qui était dans The Vanishing. Je l’avais vue il y a 10 ans et ça m’avait juste soufflée. Et MEN, voilà c’est Le Tigre, c’est plein de gens qui m’ont inspirée et je pense que je suis pas la seule à être inspirée par ces choses là. Mais ça fait longtemps qu’elles s’en mêlent et je pense que c’est surtout les mecs qui ont jamais trop suivi en fait! Donc c’est bien, je salue l’effort. Et d’ailleurs les personnes qui s’occupent du festival c’est aussi mon agence de booking, donc je leur dis souvent « Ouais, Les femmes s’en mêlent, super, mais bon CA FAIT LONGTEMPS QUAND MEME! ». Et en même temps, le festival existe depuis 13 ans donc ça dénote quand même d’un hermétisme à ça, parce que vraiment, 13 ans, c’est long! Treize ans d’un festival qui s’appelle Les femmes s’en mêlent, et ça grossit de plus en plus. Peut-être que dans 20 ans, ce sera magique! Les femmes sortiront de leur trou avec plein de choses incroyables, en tout cas dans le milieu de la musique. Ouais, ce serait pas mal!

Enregistrement/Tournée. Vous préférez quoi?

Je pense que c’est deux choses vraiment séparées. En l’occurrence ce serait pour moi une fois que les morceaux sont finis, une fois que j’arrive à les comprendre et à les aimer. Une fois qu’ils sont devenus miens. Avant que je les donne. Ça c’est une partie vraiment très excitante. Et puis la scène… Je pense que les artistes qui écrivent des morceaux et qui les jouent jamais c’est juste des sacs à pain, c’est dommage parce que c’est la meilleure partie! C’est le moment où il se passe vraiment un truc!


Vous pensez avoir évolué au fil des albums?

Complètement. Au début c’était un peu au hasard. Je pensais pas faire ça, vraiment. Et puis je composais pas mal. Finalement on a sélectionné quelques morceaux, alors que j’en avais genre 45-50. Le deuxième album je savais que je continuais, que je faisais de la musique. J’étais en tournée tout le temps, donc j’enregistrais un peu partout où j’étais, dans les chambres d’hôtel etc… avec les moyens du bord mais je le faisais un petit peu mieux donc c’est vrai que ça sonne un petit peu mieux… Et puis le troisième album, j’avais tout perdu, j’ai dû tout refaire en urgence avec tout ce que j’écoutais à l’époque, j’écoutais beaucoup de trucs expérimentaux. C’était tellement différent. Je pense que ce qui a évolué c’est la façon dont je produis les choses, qui est plus efficace, c’est peut être mieux, plus abouti. Et après je pense que quand les choses arrivent, il faut les faire correctement et ça, ça change pas du tout, mais il va y avoir plein de choses différentes qui vont arriver, je sais pas, c’est pas vraiment mon style de savoir comment je vais faire les choses, on verra.

Vous avez fait des études d’art, si vous n’aviez pas fait de musique, vous auriez fait quoi?

Après mes études d’art, après mon DEA, j’en avais marre de bosser pour des gens… j’ai bossé dans une asso, ça m’a vraiment soulé, et je me suis mise à mon compte, en free-lance et j’ai appris tous les trucs d’ordi que j’avais pas appris à la fac parce qu’on nous les apprend pas. Donc, je me suis, en autodidacte, totalement instruite sur tout ce qui est infographie, conception de musique etc… Je me suis lancée en freelance et j’ai trouvé des clients et c’est comme ça que je bossais. Et je pense qu’à l’heure d’aujourd’hui je serai toujours vers mon ordi en train de faire des trucs mais j’ai dérapé dans la musique. Je passais plus de temps à faire de la musique sur l’ordi en fait.

Si vous aviez 30 secondes pour nous convaincre que « No Snare » est le meilleur album de l’année?

Je dirais que j’ai pas à vous convaincre parce que c’est pas le meilleur album de l’année. Le meilleur album de l’année ce serait une compilation.

La plus belle rencontre que vous ayez faite grâce à la musique?

Je pense que c’est une personne qui m’a dit de faire de la musique pendant que je commençais à en faire. C’était Feist, et elle était pas du tout connue à l’époque. C’était le premier festival Les Femmes s’en mêlent à Bordeaux, en avril 2004. J’étais dans la rue, je faisais des reprises avec les Bonnies, c’est comme ça que j’ai appris à jouer de la guitare, et on jouait entre les groupes dans le bar à Barbey, et c’était la première fois que je pouvais aller dans les loges, la première fois que je pouvais aller derrière la scène et j’étais vraiment intéressée par comment ça se passait, et y’avait que des nanas en plus, donc je pense que ça m’a vraiment marquée. Et je me suis retrouvée derrière, sur la scène, à regarder les groupes et à rester dans le noir, et à vraiment regarder comment ça se passait… Et puis entre deux groupes, je continuais, j’allais jouer en bas et puis hop je remontais. Et puis à un moment donné y’a quelqu’un qui m’a tapé sur l’épaule, et c’était Feist, son premier album venait juste de sortir et elle m’a dit: « Je crois que t’as un truc, je crois qu’il faudrait vraiment que tu fasses de la musique, il faudrait que t’essaies ». Et elle est montée sur scène juste après, et je l’ai regardée, et elle m’a vraiment bluffée en plus, parce qu’elle a beaucoup d’auto-dérision. Elle est vraiment pleine d’humour, elle est toute petite, elle se fringue comme un sac à pain, elle en a vraiment un caractère qui est vraiment super, une super personnalité et elle m’a dit ça, et je pense que ça m’a vraiment marquée. Un an plus tard j’ai appris qu’elle avait suivi ce que j’avais fait et qu’elle était pas étonnée, et qu’elle était super contente et ça m’a fait super plaisir. J’ai pas eu l’occasion de la recroiser depuis, mais j’espère que ça se fera, ça serait sympa.

Le pire concert que vous ayez donné?

Hum, j’ai souvent eu des problèmes techniques ou des choses comme ça, qui ne me sont pas dûes. Mais j’ai fait les nuits zébrées avec Nova à Nantes, c’était y’a deux semaines. Et c’était vraiment le concert le plus dur que j’ai eu à faire parce que c’était un concert qui était retransmis à la radio. Mais c’était un concert gratuit et ils mettent dans le line-up plein de groupes différents. Donc t’as un public qui vient, qui connait personne, qui connait rien, qui vient parce que c’est gratuit, pour se mettre minable, pour boire des bières, et donc je pense qu’il y avait 80% de beaufs, ou alors pas des beaufs, peut être des gens que bourrés, mais je me suis faite insultée de noms d’oiseaux, j’ai même pas envie de les répéter. Parce qu’ils n’écoutaient même pas, tout le monde parlait pendant que je jouais c’était HORRIBLE. Et c’était la même chose pour les autres groupes aussi. Et c’était juste hyper… décevant.

C’est un manque de respect surtout!

Ouais, mais c’est plus que ça. Je pense que ça dénotait d’un manque culturel, et je me suis rendue que y’avait vraiment plein de choses qui collent plus avec moi. C’était vraiment, vraiment dur.

Quel homme célèbre voudriez vous être?

Olala. (elle réfléchit) Je pense que… y’en a aucun! Je suis tellement heureuse d’être une femme en fait que j’ai du mal à vouloir être un autre, enfin, être un mec. Si je devais vraiment en citer un, ce serait un noir avec… Stevie Wonder ce serait bien. Mais ce serait vraiment par dépit.

Le dernier film/livre/album qui t’a marquée?

Y’a un bouquin dont je me suis pas remise du tout c’est « King Kong » de Virgine Despentes. Et pourtant j’aimais pas ce qu’elle faisait avant. Je l’ai acheté quand même parce que je suis curieuse, et ça m’a vraiment marquée, dans le bon sens du terme. Et y’a plein de choses dans lesquelles j’ai pu me retrouver. Et ensuite, pour le film, j’aime beaucoup « Grey Gardens », c’est un documentaire sur… Je crois que ce sont des cousines de la soeur de la femme de Kennedy. Et c’est un documentaire sur cette nana qui… Euh c’est tellement dur à expliquer! Mais c’est un documentaire extraordinaire.

C’est récent?

Non c’est vieux, c’est des années ’70, je crois que c’est 1973. Et c’est assez incroyable, la vie de cette dame et de sa fille, qui vit totalement recluse avec des chats et qui est pourtant la nièce de Jackie Kennedy. Y’a un autre documentaire aussi qui s’appelle « Surfwise ». C’est une famille, ils vivent dans une caravane et ils surfent partout. Les enfants ne vont pas à l’école. Ça représente toutes les alternatives qu’on peut proposer. Et aussi comment on peut vraiment rater l’éducation de ses enfants, comment on peut aussi leur niquer la tête en étant un gros hippy. Mais on voit aussi comment ils s’accomplissent, ils font des choses vraiment différentes. Et donc ça, j’ai beaucoup beaucoup aimé.

Une dernière question, tu préfères avoir des remords ou des regrets?

(silence puis rires) Des regrets!

Un grand merci à Mélanie pour son humour, ses images de femme à barbe et son honnêteté.

Pour conclure, nous ne pouvons que vous conseiller d’acheter « No Snare », le dernier album de Tender Forever, d’assumer votre girl power, et d’aller aux prochaines éditions des Femmes s’en mêlent afin que ce merveilleux festival puisse continuer d’exister.

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